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28/11/2007 22:39 par lalignenoire

Ras le bol. Veux vomir. Suis grosse et infâme. Enorme, bouffie. Viens de manger comme une dingue. Bail quasiment signé. Demain, journée de fou, encore. Pas le temps de réviser, ou alors suis chez moi en train de pleurer, de dormir ou de criser.  11h, rdv chez ma mère pour paperasse, puis passer à la banque, faire un virement pour proprio, puis 14h, psy, puis passer chez proprio, donner reçu, prendre clés, puis révisions révisions révisions. Le tout en supposant que je n'ai pas cours, bien sûr. Suis véreuse. Haine. Dégoût immense. Voudrais être osseuse de partout, voilà. Voudrais avoir côtes saillantes (enfin plus que maintenant), os proéminents, colonne vertébrale à nu, hanches maigres, cuisses absentes, fesses parties. Honteux mais voilà. C'est la pensée du soir. Angoisse, angoisse pour tout. Peur de la coloc avec Morgane, peur de partir, peur du déménagement et de l'effort physique que ça va engendrer, peur de devoir tout emballer, peur de continuer toute la paperasse (vais devoir faire faire travaux avant de rendre appart, puis foutre Julie à ma place, puis me faire rendre la caution), peur terrible des partiels, qui sont soi disant pour dans dix jours, sauf que pas eu cours depuis des semaines; peur de l'anniv de Benoît (pas sûre de mon cadeau du tout), peur de Noël (aimerais faire cadeaux nombreux à tout le monde mais peux pas cause pas de thune), peur de tout. Peur angoissante, lancinante, horrible, obsédante, d'être grosse. Me vois de nouveau comme vache immonde. Peur de mauvaise santé cause vomissement. Ai parfois des sortes de sensations bizarres, que j'avais avant seulement quand je gerbais, mais qui se pointent un peu n'importe quand maintenant, dans le thorax. Souffle coupé. Echec. Et vais vomir. Impression de pas avoir mangé assez, malgré tout. Pour la crise, je veux dire. Infâme. Proprio pas content tout à l'heure. Coups de ciseaux dans un bras pour moi. Pleurs, pleurs, pleurs. Veux pas recommencer. Déteste pleurer deux fois dans une même journée. Rdv avec mover loupé. Voudrais reprendre distance, vite. Se conduit comme une enfant, parfois. Trop, encore. Fatiguée de tout. Peur terrible de rater mon année de psycho. Saloperie. Tout n'est que saloperie. Vais vomir. Merde. Veux être maigre. Transarente. Eteinte. Innacessible. Lointaine. Détachée de tout. Voudrais être plante verte mais pas possible, alors serai maigre et à moitié morte. J'emmerde le monde. Suis trop là. 

restes

17/11/2007 14:47 par lalignenoire

14h 21
ça faisait longtemps que j'avais pas posté ici. Faut dire que je me suis fait un nouveau blog et que j'y passe pas mal de temps. Alors alors qu'est-ce qui se passe dans ma petite vie?...
et bah je brasse de tous les côtés. Les partiels approchent alors je panique et je révise, ce qui est pas mal. J'emmagazine petit à petit les grands noms de la psychologie expérimentale, clinique, cognitive; j'apprends à différencier les fonctions d'un texte (métalinguistique, conative, phatique, référentielle...) et les formules de calcul d'excel. C'est passionnant. Et comme il y a eu les blocages à la fac, j'ai pas eu cours de la semaine.
ça ne veut pas dire que j'ai rien fait, loin de là. Avec Morgane, on s'est enfin collées à la recherche d'appart, et on a fait ça très sérieusement. On en a visité deux et on a eu un coup de foudre pour le premier. 65m² pour 500€ par mois, c'est une bouchée de pain. A Grenoble pour cette taille là, il faut compter 700€. Alors on était très contentes. Certes, l'appartement est vraiment particulier, et pas vraiment en bon état. Il y a la salle de bain qui aurait besoin d'une révision de tuyaux ainsi que d'un bon coup de peinture, et la nana de l'agence nous a prévenu qu'il était très mal isolé et qu'il faudrait peut-être acheter un chauffage d'appoint pour ne pas mourir de froid. On a aussi pu remarquer que les marches de l'immeuble sont toutes plus ou moins cassées, c'est très casse gueule, mais enfin ça fait partie du charme de l'appart, et puis il y aura qu'un étage à monter. A part ça, c'est un F2, donc avec une seule chambre. On rentre dans un petit vestibule, qui donne à gauche sur la chambre qui sera la mienne, à droite sur la salle de bain (très grande, avec une bonne douche et des placards). En avançant un peu, on arrive dans le méga salon, sur la gauche, qu'on va partager en deux pour en faire une chambre pour Morgane; et à droite c'est le coin cuisine /salle à manger, spacieux aussi. Il y a des fenêtres et une sorte de comptoir qui communique entre la cuisine et le salon. L'ensemble fait tout grand et tout bizarre, c'est trippant. On a pas encore rencontré le proprio mais il a déjà l'air ok, alors on prépare chacune nos dossiers. ça se fera sûrement la semaine prochaine. Je suis enthousiaste.

Sinon qu'est-ce qui se passe d'autre? j'essaie de pas penser à la nourriture, ce qui fait que je sais pas du tout à quoi je ressemble, que je reprends du poids doucement (sans doute à la grande joie de Benoît, mais à mon grand désespoir), que je vomis environ deux fois par semaine mais pas plus. Physiquement ça va un peu mieux, je suis moins en hypo, je me sens moins faible et moins prête à m'écrouler dès le moindre effort physique. ça me fait même bizarre de pouvoir de nouveau faire un peu de sport et d'avoir de l'énergie, du peps, de la patate, de la pêche bref du mordant, et comme je sais plus vraiment quoi en faire j'ai envie de baiser tout le temps.
A part ça, mauvaise nouvelle, je sais plus si je l'ai dit ou pas, mais Yvann a quitté Grenoble. ça me fout un sacré coup. Il est parti chez son père à la campagne, mais après il aimerait partir sur Nice, puis vers la frontière fanco italienne, puis en Angleterre. Ce qui me fait chier, c'est que s'il est vraiment décidé, il le fera. Alors j'en bave.
Et quoi d'autre? Rej a cru que je lui faisais la gueule, parce qu'il paraît qu'il m'a envoyé deux mails la semaine dernière et j'ai pas répondu. Sauf que j'en ai jamais vu la couleur, de ses mails. Quelque chose a dû bugger. Je prends plaisir à imaginer qu'il a voulu savoir comment j'allais et me donner une petite part de dorlotage. Mais enfin, il paraît que Johanna et lui s'entendent super bien à présent. ça me donne envie de mordre... mais avec Benoît ça se passe toujours très très bien, alors je refuse de tout gâcher. On s'est fait notre première virée resto la semaine dernière, et bien que j'aie culpabilisé après coup, c'était très bon. Et ça fait aussi une semaine qu'il me laisse mariner, parce qu'il m'a promis une petite surprise, une toute petite chose, mais il laisse le suspense et ça a l'air de beaucoup lui plaire. Benoît est un gentleman extraordinaire. Lui à mes côtés, je me sens presque devenir une petite pimbêche fière et imbue d'elle même. Il me fait le baisemain, s'assure que tout va bien, me prête ses fringues si j'ai froid, m'amène mon café au lit, me dit que je suis la plus belle, qu'il est là pour moi, qu'il m'aime. C'est géant.

HAINE

11/11/2007 21:00 par lalignenoire

coup de rage immense. 'Ai passé semaine asociale complet. Pas répondu au téléphone, ni aux mails, et déconnexion de Msn. Je m'étais dit que je me laissais jusqu'à la fin de la semaine pour me remettre d'aplomb et voilà que j'ai de nouveau envie d'étriper tout le monde. Pour un truc débile. Pour un truc à la con, comme d'habitude. J'ai envie de me couper. Je comprends pas pourquoi Rej m'a virée de ses amis sur son compte skyrock, voilà, c'est débile, mais ça m'énerve et je comprends pas. Et dire que ça allait déjà pas avant. Je suis rentrée de chez Nuny, ça doit faire une demi heure maintenant. J'ai envie de criser et de vomir, de vomir surtout. Je culpabilise d'avoir autant mangé chez elle. J'ai envie de me couper, aussi. Je me sens grosse et immonde. J'en ai marre. Marre des autres. Marre de tout. Marre de me battre pour trouver ma place, constamment. Marre de devoir écouter les déprimes de tout le monde sans jamais oser dire les miennes. Marre de me forcer toujours, à être bien, à présenter bien, à être sympa, bonne patte et souriante. Je comprends même pas pourquoi je fais ça. Marre de la bouffe. Marre de manger. Marre de me sentir grosse alors que tout le monde me dit que je le suis pas. Et je vais devoir brasser, en plus, la semaine prochaine. Demain, quoi. Demain et les autres jours. Avec des gens. Je dois m'occuper de la recherche d'appart avec Morgane, si ça se fait. Je dois appeler Mme P., mon assistante sociale, parce que j'ai reçu un avis d'imposition et que je sais pas quoi en faire. Je dois prendre rdv avec un doc que j'ai zéro envie de voir. Celui qui me dit que tout va bien, que je n'ai jamais perdu de poids, que j'ai une forme éblouissante et qui me parle de toutes les MST que je peux choper en taillant une pipe à un inconnu. J'ai envie de vomir. Je dois bosser mes cours: deux heures par jour, je m'étais dit. Les partiels approchent. Je dois gueuler sur personne. Enfin, en principe. Reprendre contact avec les autres. Tous ceux qui ont appelé et à qui j'ai pas répondu. Et qui se sont inquiétés, du coup. J'ai envie de vomir. Je dois aller me faire piquer pour faire des prises de sang. Savoir si j'ai le sida, ça pourrait être utile. J'ai peur. Je dois prendre rdv chez une ophtalmo, ça devient urgent. Voir une gynéco; ce serait pas mal aussi. pour savoir si j'ai pas la syphillis. J'ai envie de m'enterrer une semaine de plus. J'ai envie de tuer tout le monde. Et je dois garder la face, garder courage, pour faire plaisir à mon mec. Sinon il va me dire que je suis défaitiste et qu'il aime pas ça. Pourquoi ce connard de Rej m'a viré de ses contacts skyrock? quel coup de lubie s'est-il tapé contre moi? Est-ce que c'est parce que j'ai dit que ses embrouilles avec Johanna, ils pouvaient se les garder? est-ce qu'il m'en a voulu? ou est-ce qu'il y a juste un eu un buggage? je comprends pas. Je sais c'est débile mais je comprends pas. J'ai envie de me couper. J'ai envie de gerber. Je devrais réviser. Réviser et faire ma séance de sport. J'ai repris un peu la pêche ces jours-ci et je peux de nouveau faire un peu de sport. Je tiens pas bien longtemps, 20 minutes voire 30, mais bon. Il paraît que c'est bien. Perso j'aime pas. Parce que le poids est remonté, l'infâme. Nuny a dit qu'il faudrait que je reprenne des formes, un peu. Des formes de femme, a-t-elle précisé. Je suis si plate que ça? Je suis si moche? Pourquoi veulent-ils tous me voir avec du gras déborder de partout? Pourquoi est-ce que personne me voit comme moi, avec encore des kilos à perdre? et si je prenais un somnifère pour me défoncer, est-ce que je pourrais dormir cette nuit? pourquoi est-ce que Rej m'a supprimée? en tout cas il est toujours dans mes contacts msn, ce con. J'en ai MARRE, MARRE, MARRE. J'ai envie de tout casser. 

Ave Satan

04/11/2007 16:00 par lalignenoire

Du Armaggedon en fond sonore, j'émerge. ça fait du bien de dormir un grand coup. Dommage que j'aie pété un plomb hier soir. Bon pour reprendre tout ça dans l'ordre, commençons par samedi matin.
Quand il a été l'heure d'aller à la gare, j'ai embarqué manteau, gants et chapeau et je suis sortie. Je suis arrivée là-bas avec un quart d'heure d'avance, et j'ai fini par les retrouver. Tous les deux ont une putain de gueule d'enterrement, c'est ignoble. Rej est silencieux, actif, planqué derrière sa capuche - on ne voit que son bouc qui dépasse. Johanna, elle, me fait de grands signes et des mimiques pour me faire comprendre ce qui s'est passé la veille sans en parler tout fort; je fais mine de comprendre mais je comprends rien. D'ailleurs je cherche même plus à comprendre. On l'a accompagnée à son train, et c'était un sale moment, tous les trois silencieux, personne qui savait où se mettre, moi m'écartant quand Jo et Rej parlaient ensemble, Rej reculant au fur et à mesure quand je parlais à Johanna. Ils se disent des trucs à l'oreille et ça me donne envie de pleurer, ou de tout casser. Je reste stoïque. Elle a fini par grimper dans son train et me serrer très fort dans ses bras. Quand je me suis retournée, Rej était parti. J'étais déçue. J'aurais bien voulu rentrer avec lui. Enfin bref. Elle a essayé de me dire quelques trucs, que j'ai très peu compris à cause du bruit du train. Tout ce que j'ai entendu, c'est que Rej lui avait dit qu'il voulait plus la revoir. Bin voyons. Et puis j'ai eu les larmes aux yeux, et comme ça s'éternisait, j'ai fait comme Rej, j'ai pris la poudre d'escampette. Johanna s'est beaucoup excusée de m'avoir mis là-dedans. En fait, j'avais à la fois envie de la frapper et à la fois envie de la faire rester ici, avec nous. Surtout quand elle m'a sorti un "j'ai préféré être franche avec lui, tu comprends...", là ça m'a énervée. Parce qu'elle me sort ça alors que ça fait un an que ça traîne, leur merdier. Il était carrément temps d'être franche, bordel.

Et donc je suis partie. Sans vraiment réfléchir à ce que je faisais, j'ai suivi le chemin que Rej avait dû prendre pour rentrer chez lui. Le chemin qu'on a emprunté tous les trois lundi soir. J'ai presque pleuré. Et puis j'ai marché, comme une dingue. Je voulais manger, je réfléchissais de moins en moins. C'est difficile de trouver à manger à 6h du matin. Alors j'ai presque fait le tour de la ville. Les gens qui partaient bosser me regardaient bizarrement, entre mon chapeau et mon écharpe rabattue sur le nez ça faisait un look de cambrioleuse bizarre.

J'ai trouvé une boulangerie ouverte vers 7h, pas loin de chez moi. J'ai payé 5 euros pour un sandwiche et des viennoiseries, je suis rentrée chez moi et j'ai tout bouffé avant d'aller dormir.

Réveil vers 15h et j'étais d'humeur massacrante. J'ai parlé un peu à Benoît et j'ai trouvé le moyen de m'embrouiller avec Rej. Je crois que j'aurais étripé tout le monde. Quand je suis sortie de chez moi j'ai de nouveau fait le tour de la ville en pleine nuit, j'ai trouvé à bouffer, je me suis ruinée, je suis rentrée, j'ai bouffé et gerbé - puis dodo.
Aujourd'hui ça va un peu mieux. Demain c'est la rentrée. Je commence à angoisser un peu pour les partiels, je sais pas trop quand c'est. Sans doute le mois prochain, mais quand? enfin bref. Je vais aller faire le ménage de l'auto école et puis me couper les tifs en rentrant. J'ai envie d'avoir la paix.

Ah, et je voulais dire aussi que je cogite sur l'insistance de Freak à me ramener en moto, samedi soir. Je me demande s'il dirait la même chose s'il savait que je suis pas Européenne. Sinon cette nuit j'ai fait un beau rêve étrange. Enfin, il y avait plein de points négatifs, mais j'étais aimée et protégée par un grand métalleux, immense et baraque, avec les cheveux longs et noirs. Je l'adorais, mais je restais quand même fidèle à Benoît.

shit

03/11/2007 04:36 par lalignenoire

Saloperie. Je sais, ça doit pas être le premier article qui commence par ça. N'empêche. Saloperie. Soirée trop bizarre et nuit blanche au programme. J'ai envie de tout casser, va savoir pourquoi. Demain, Johanna quitte Grenoble. C'est peut-être con ce que je vais dire, mais voilà: il est temps. Rej va être infernal à récupérer, et si personne ne s'en est rendu compte, moi aussi j'ai besoin de me remettre. J'adore Johanna, mais son incapacité à communiquer, à dire ce qu'elle pense, ce qu'elle veut, ce qu'elle aime, ça m'insupporte. J'en ai marre que si quelqu'un lui pose une question embarrassante, ce soit vers moi qu'elle se tourne avant de répondre. J'en ai marre de voir à quel point elle dit rien à Rej et à quel point ils se comprennent pas. J'ai l'impression qu'ils se connaissent pas, je comprends pas pourquoi ils se sont tellement montés la tête l'un et l'autre, pourquoi ils ont fantasmé, pourquoi ils ont voulu se voir, comme ça. J'irai pas jusqu'à dire qu'il y a rien entre eux, mais ce qu'il y a, je vois pas ce que c'est. Ils auraient mieux fait de construire d'abord quelque chose d'amical avant de passer direct aux grands sentiments. Et Johanna va devoir apprendre à parler, c'est officiel. Moi je suis usée. J'en ai marre d'essayer de me protéger mais d'être de nouveau foutue dans la merde, bien au milieu d'eux, en train de gérer ce qu'elle n'a pas su faire, j'en ai marre de me prendre leur deux coups de nerfs, un dans l'oreille droite, un dans la gauche, et le pire, c'est que Rej est pas responsable, pas vraiment, dans cette histoire. C'est Jo, qui dit rien, qui parle ou s'exprime mal, face à lui, et je suis plus qu'en mode ras le bol.
Ce soir a été une soirée mouvementée. J'ai d'abord commencé par aller la retrouver, on a été au Mark XIII pour sa dernière soirée ici, c'était sympa. Dommage que ni Marie, ni Yvann ni Pada n'ait pu venir. Enfin bref. Après, alors que je la raccompagnais chez Rej, on est passé devant chez Tony, où nos hommes faisaient la fête et étaient occupés à se bourrer la gueule. On a joué pendant dix minutes à les espionner, à dire de la merde et raconter des conneries jusqu'à ce qu'ils passent la tête dehors et nous voient. Résultat, Rej descend, vient nous chercher, essaie en vain d'embrasser Johanna, et on finit par monter. Il y a là Freak, Tony, Rej, Benoît, Guillaume, une merde appelée Julien?? ou pas; un autre mec dont je connais pas le nom. Moi je me sens tout de suite à l'aise, je tripe un peu avec tout le monde, ça me va. Johanna, elle, bave. Parce que Rej la colle. VIsiblement, il considère qu'ils sortent ensemble. Elle ne dit rien. ça me tape sur le système parce que je vois bien que la situation dégénère entre eux, mais merde, j'aimerais qu'elle apprenne à se débrouiller toute seule, comme une grande. Je vais pas toujours être là pour la faire parler, bordel. Entre deux allers retours de Rej aux chiottes, je vois le regard de Johanna qui se fait de plus en plus désespéré. Et merde, il va falloir s'en occuper. Bon, très bien. Je lui parle, l'écoute. Je supporte pas de la voir mal. Je crois que je ferais n'importe quoi si elle me balançait son regard mouillé en pleine gueule.
Enfin voilà: à moi, elle parle. Elle me dit qu'avec Rej, c'est toujours la même chose. Il la colle, elle pète un plomb, a l'impression qu'il ne l'écoute pas - mais en même temps, je suis à peu près certaine qu'elle ne dit rien de compréhensible, pour lui. Quand elle est embarrassée, la façon de parler de Jo vire au désastre et devient parfaitement incompréhensible. Pour un mec fort en gueule, borné et fier, c'est vraiment pas la meilleure façon de se faire entendre. Alors il entend rien, bien sûr, et ce soir il est carrément bourré, en plus.
Pour la suite de la soirée, la situation est complètement partie en live. J'aurais pété un plomb méchamment sans Benoît. J'ai été parler à Johanna, je lui ai dit encore une fois qu'il fallait qu'elle parle, que c'était important de pas laisser traîner la situation, que Rej allait craquer, etc. Tout des choses que j'ai passé ma semaine à lui répéter. Je ferme les yeux sur mon énervement intérieur. Faire les sous titres entre eux deux, je commence à avoir ma dose. Bref. Pour tout arranger, elle est malade. Elle tient à peine debout, devient très faible, merci les problèmes avec la bouffe qui n'aident en rien à ce niveau là. ça craint. Entre temps, Rej, à bout de nerfs, se casse. Elle voudrait rentrer, et blablablabla et blablablabla, ça discutaille de tous les côtés, il faut le retrouver avant qu'il aille taper sur des punks et se faire casser la gueule, il faut que Johanna puisse rentrer à l'appart, il faut lui passer les clés, bref, le merdier. Benoît, moi et Guillaume faisons de notre mieux, mais Jo est complètement larguée, et effrayée, et Rej, quand il revient, semble d'humeur particulièrement meurtrière. A vrai dire, je l'avais jamais vu comme ça. Les yeux injectés de sang, les poings serrés, il me fait penser à moi quand j'ai envie de me couper, ça doit être à peu près la même chose. En peut-être moins impressionnant.
J'ai fini par réussir à faire monter Johanna et Rej est arrivé direct derrière. Je m'attendais pas à ce qu'il soit aussi poli avec moi, franchement. Il m'a juste dit de sortir s'il te plaît. Je l'aurais fait de toute façon. Qu'ils se démerdent. Une fois redescendue, j'ai été réconfortée par Benoît et Guillaume, qui m'ont fait boire, fumer, et m'ont rassurée en me disant que non, Rej a jamais tapé une fille et c'est pas sur Johanna qu'il commencera. Ils en sont sûrs, alors je laisse faire. J'espère ne pas m'être trompée. On est remontés chez Tony, jusqu'à ce que je décide de partir. Les commentaires fachos, ça va bien cinq minutes, même s'ils sont pas dirigés contre moi. Et puis la sous merde de l'équipe me tape sur le système. Benoît a fini par me raccompagner. Lui aussi il m'a gavée en fin de soirée. Quand il a bu je le déteste, je crois. Enfin non, bien sûr, pas à ce point là. C'est juste qu'il devient collant, mielleux, c'est une infamie. J'ai déjà essayé de lui dire mais étant donné les efforts qu'il fait sur plein d'autres plans... je laisse celui là pour un peu plus tard. Bref. J'ai la tête ni à ses je t'aime ni à ses câlins. J'ai envie de me retrouver chez moi, au calme, pour poser toute cette merde. Et j'ai une envie monstrueuse de crise.

...
Ce serait la deuxième de la semaine. Alors je suis pas censée craquer. Je m'en autorise une par semaine. Mais putain, qu'est-ce que j'en ai envie. J'angoisse juste un peu, parce que quand je l'ai faite, mardi, j'ai failli m'écrouler après. En pleine rue. Flashs devant les yeux, tout le corps qui se met à trembler comme un dingue. J'ai dû appeler Yvann, qui a rappliqué d'urgence en entendant ce que je lui racontais. Enfin bref. Toute cette histoire m'a carrément gavée, et je me suis retenue de peu ce soir de pas me mettre à hurler sur Johanna. D'un autre côté, je me demande si j'en serais vraiment capable. Je fonds devant elle. La preuve: il est 4h 37 et je suis réveillée. Pourquoi? Parce que son train est à 6h 15 demain. Et que j'ai dit que je viendrai. J'arrive même pas à le regretter.

que mes mains tremblent, si elles le veulent

01/11/2007 16:44 par lalignenoire

Vague à l'âme. Et pourtant, le fond d'espoir reste là. J'ai mal. Depuis que Johanna est sur Grenoble, j'en bave. J'ai trois personnes que j'adore à mes côtés, mais ça va mal. C'est bien ça le problème, d'ailleurs: que je les adore. Trop. Pour Benoît, ça va, c'est mon homme, tout va bien. Mais il se trouve que Johanna est une fille, et que Rej est le meilleur ami de mon mec, ainsi que le mec de ma meilleure amie. Et que je suis jalouse. Je sais même pas si je suis plus jalouse du fait que Johanna sorte avec Rej ou que Rej sorte avec Johanna, mais tout ce que je sais, c'est qu'ils ont construit une relation où je ne suis pas. Tant mieux pour eux, c'est vrai. Mais putain. J'ai des vues sur Rej. J'en ai aussi sur Johanna. Je les voudrais pour moi, pour moi toute seule, tous les deux. Je n'aurais peut-être jamais dû les présenter. ç'aurait été moins douloureux qu'ils se trouvent chacun un partenaire que j'aurais pas connu. J'aurais été moins placée au milieu d'eux, j'aurais eu moins mal. Et je me sens coupable, tellement coupable. Johanna se sentirait tellement trahie si elle le savait que sa meilleure amie a du mal à la considérer comme une amie, justement. Quant à Rej, il se sentirait pas trahi, mais ça ne servirait à rien qu'il soit au courant. Parce qu'il se passera jamais rien entre nous. Je suis la copine de son meilleur pote, après tout. Il lui fera jamais un coup comme ça, quand bien même il aurait des vues sur moi. J'avoue que je me demande, parfois. Je sais jamais ce qu'il pense, Rej. Il sait bien cacher son jeu.

J'ai peur que Benoît se rende compte de quelque chose. Plutôt crever que de lui dire, plutôt que le foutre en rivalité face à quelqu'un qu'il considère comme son frère. J'ai tellement mal. Je ravale mes larmes et ma rage depuis le début de la semaine. J'ai aussi fait une crise monstrueuse mardi soir, après avoir vu Johanna. J'étais ravagée. Je me suis jetée sur la bouffe, j'ai tout vomi en un temps record, et puis je suis sortie en speed, je devais aller les rejoindre, tous les trois. Mais j'ai pas tenu. J'ai marché jusqu'au Mc Do, à trois minutes de chez moi, et puis mes jambes me portaient plus - j'ai dû m'asseoir. J'étais comme défoncée. Ou au bord du malaise, ça marche aussi. J'avais tout le corps qui tremblait, c'était presque des convulsions. J'ai appelé Yvann, qui est arrivé le plus vite possible. Je lui ai raconté toute l'histoire, j'ai dit à quel point j'avais mal. On a beaucoup parlé, et puis il a fini par m'accompagner au bar où on devait les retrouver. Je lui ai payé une bière. J'ai eu du mal à marcher toute la soirée et Benoît s'est inquiété. Il a pas compris pourquoi je lui ai rien dit de ma crise, quand je l'avais eu au téléphone un peu plus tôt. Il m'a demandé s'il s'était passé quelque chose, j'ai dit non. J'avais juste craqué, craqué à fond. Tu parles. Je me suis carrément laissée faire, cette crise là, je la voulais. Pour être un peu plus anesthésiée, pour ne pas craquer en face d'eux.

Il va falloir être forte, maintenant. Pour le bien de tout le monde, je ne dois rien dire, rien laisser soupçonner. J'ai encore quelques jours à tenir, et puis Johanna va repartir. Ce sera moins pire après, mais Rej va parler d'elle continuellement. Il est amoureux, je le sais. ça se voit. Je sens aussi que s'il se passe quoi que ce soit de mauvais entre eux, c'est moi qui vais le récupérer à la petite cuillère. Mais je ne dirai rien. Tant pis si je vomis, tant pis si je fais des malaises. Je m'en fous. Le plus important, c'est que personne ne se doute de rien. Surtout pas Benoît. Et dire qu'on voulait repartir sur des bases d'honnêteté. Je me suis dit qu'en cas d'urgence, si j'arrivais vraiment pas à tenir, s'il voyait trop que j'étais mal, je lui dirais que, oui il y avait quelque chose, mais quoique ce soit, je l'aimerai toujours, ça ne remettrait pas notre relation en cause. C'est le plus important. Et dans le pire du pire des cas, j'avouerais le truc pour Johanna. Prions pour qu'il pose pas la question de Rej. Je veux pas qu'il se sente trahi. Je veux pas qu'il soit malheureux.

Allez, un peu de courage. Je pars rejoindre Rej et Johanna dans un quart d'heure.

force

27/10/2007 13:14 par lalignenoire

12h 46, j'émerge
En ce moment j'ai l'impression de vivre plusieurs vies en même temps et je cours partout comme une dingue. Remarque, c'est plutôt plaisant, je regrette juste de pas pouvoir dormir plus. Il y a la vie que je mène quand je suis seule chez moi, en pleine obsession de mon poids, de la balance et oscillant constamment entre la tentation de manger et la restriction (le poids est redescendu entre 51 et 52); la vie avec les potes, où je parle pas tellement de moi, où je suis sociable et à peu près souriante alors que ça cogite à fond à l'intérieur; la vie avec mon mec, entre plaisir, explications, sexe et problèmes de bouffe; la vie à la fac, les cours, les gens; et les entretiens avec ma psy, intenses, avec de nouvelles révélations à chaque fois, des larmes et des rires. Je suis un peu larguée, je sais plus trop quelle conduite tenir.
Mais la bouffe, la bouffe reste mon principal sujet. J'y pense tout le temps, et j'y pense encore plus aujourd'hui parce que hier soir Benoît m'a de nouveau remonté les bretelles, bien correctement. J'explique.
On devait à la base se rejoindre au Subway, un bar, et quand il a appelé pour prendre le rdv, il se trouve que j'étais en pleine crise. Envie de manger totale, et comme je laissais pas tellement faire, ça a dévié en envie de tout casser chez moi. Alors Benoît a décidé de venir, il voulait pas que je reste seule. C'était difficile. Au début on avait rien à se dire, ou plutôt, j'étais tellement 'partie' que les mots me fuyaient. Et puis ils sont revenus, doucement. On s'est mis à parler des crises, de mon poids, de mon apparence physique. Aux grands maux les grands remèdes: il a été très dur. Il m'a prise dans ses bras, m'a mise en face de la glace. J'avais pas envie d'y être, du tout, j'avais rien envie de voir. Pas tellement eu le choix. Il m'a donc tenue et m'a dit "maintenant, dis moi ce que tu trouves de gros". J'ai dit les hanches, les cuisses. Il contredisait tout ce que je lui disais, me disait que j'avais tort, que mes hanches étaient normales, mes cuisses aussi. Que j'étais très fine. Que ne plus rien manger  pour ne pas vomir, c'était pas la solution. Qu'est-ce que je voulais à la faim, être toute maigre et crever parce que je tiendrais plus debout? J'étais en larmes. Non bien sûr, c'est pas ce que je veux. J'ai essayé de lui dire que ma psy préférait que je mange pas plutôt que je vomisse (il s'est répandu en imprécations contre elle), que certaines fois je me sentais tellement encombrante, physiquement parlant, que je voulais être transparente, presque invisible, qu'on me voie plus. "C'est ça, tu veux donc crever" a-t-il conclu. Aucune considération pour mes petites envies morbides. "Tu veux être anorexique, tu veux qu'on sente tes os de partout?" Il a touché mes clavicules et j'ai eu horriblement conscience de leur proéminence, tout d'un coup. Il m'a rapellé la dernière fois qu'il m'a massée et où il n'avait pas compris ce qui dépassait et que j'ai dû lui dire, que bin, c'était une omoplate. "Mais merde, si je touche tes os, où veux-tu qu'il y ait du gras???"

Je me suis sentie horriblement humiliée. Conne surtout. Mais je sais bien qu'il avait raison, dans le fond. Après, il m'a rassurée. Non je n'étais pas trop maigre, j'étais juste très fine, mais qu'il fallait VRAIMENT arrêter là si je voulais pas me foutre en danger. Il m'a rappelée qu'à 57 kilos, je lui avais dit que j'aurais aimé en peser 53, et que j'étais en dessous, maintenant, mais que je voulais continuer encore. "C'est quoi ton but? 50 kilos? et puis quand t'y seras, tu voudrais faire 47? 45? 44? et après tu vas crever, c'est ça que tu veux". Ohlala. J'étais mal. Horriblement mal.

Alors aujourd'hui je cogite. Je n'arrive pas à passer devant ma glace sans penser à lui en train de me tenir et de m'affirmer que je suis mince. Bon. Cela dit, je le vois toujours pas. Enfin, je vois que j'ai des tout petits mollets, mais les hanches... non vraiment, je vois encore des hanches en trop. Je sais pas comment je vais me démerder aujourd'hui. Je pense au conseil de ma psy, de manger avec des gens et à heures fixes. Il est 13h, alors il faudrait avaler quelque chose. Je n'ai pas faim. Ah oui, en parlant de la faim. Je lui ai dit que je la ressentais pas. J'étais sincère, mais il m'a dit que c'était comme ça parce que je voulais pas la ressentir. Merde, il a balayé toutes mes justifications, les unes après les autres. Du coup aujourd'hui j'ose pas me peser. J'ai peur de découvrir un poids trop élevé... ou trop faible. Saloperie. Et dire que je voulais le tenir un peu à l'écart de mes problèmes. Il a plongé dedans la tête la première, en fait, et il se bat avec moi pour me faire remonter. J'hallucine.

uzure 2

22/10/2007 02:08 par lalignenoire

1h 45 du matin

J'ai envie de pleurer. Je fais ça tous les jours depuis une semaine. Je déteste. Et je prends du poids, ce que je déteste aussi. Je me sens seule. J'ai horriblement peur des jours où j'ai rien de prévu, pas cours, pas de virée avec les potes. Bordel. Alors non je lâche pas l'affaire, je vomis pas. Mais putain, qu'est-ce que j'en bave. Merde. Merde!

Je sais même pas quoi dire tellement je suis larguée. Bon pour ce soir il y a aussi le fait que j'ai probablement pas assez mangé, j'ai la tête qui tourne et du mal à me concentrer sur quoi que ce soit. J'ai passé un week-end assez mouvementé, avec plein d'embrouilles de tous les côtés. Ou enfin, pas des embrouilles, mais disons que moralement parlant, je brasse. Etant donné que je suis carrément sur les nerfs, j'ai tendance à péter un plomb sur n'importe qui dès que quelque chose coince, c'est assez bizarre. La seule personne à qui j'ai pas fait de reproches récemment, c'est Benoît. Putain, je m'étais jamais sentie aussi relaxée dans une relation amoureuse. ça c'est vraiment bien. Pour le reste, j'en ai marre de Charlène qui se défonce à la coke tout le temps, j'en ai marre d'Yvann, toujours aussi dépendant de Franck, j'ai presque gueulé sur Rej tout à l'heure, qui veut s'accaparer Johanna quand elle viendra sur Grenoble et veut que je le remercie pour les soirées où il me la laissera un peu (mais bordel, c'est à qui de décider dans l'histoire?? à elle non? pourquoi est-ce qu'il me fait chier?pourquoi est-ce qu'elle ne dit rien? ) , j'en ai marre de Pada qui parle tout le temps de trucs déprimants, j'en ai plus que archi marre de Bruno, qui m'insupporte même quand il me dit bonjour sur msn, j'en ai marre de Nuny qui donne zéro nouvelles et me dit après de l'appeler quand je vais mal (à quoi ça sert si elle répond pas?), j'en ai marre de passer des soirées à essayer de faire que tout le monde soit bien sans que personne prenne un peu garde à moi, alors voilà, samedi soir j'ai dit un gros MERDE à tout le monde, je suis allée pleurer sur l'épaule de Benoît puis d'Yvann et j'ai fait comprendre aux personnes concernées de se DEMERDER sans moi, je suis la mère à personne, qu'on me foute un peu la paix, BORDEL. ça fait un bien fou et je crois que je vais continuer tant que ça ira pas mieux. Saloperie. Rien que d'en parler j'ai de nouveau envie d'étriper du peuple.

à part ça, je suis allée au ciné ce soir voir Michael Clayton avec mon mec, et c'était bien. Ce qui est bien aussi aujourd'hui, c'est que j'ai mangé en tout et pour tout : 2 pommes, une part de gateau de semoule offert par ma mère (la connaissant, elle a pas dû mettre grand chose en matières grasses dedans) et de la soupe. Je compte continuer comme ça le plus longtemps possible. Oui je sais c'est stupide, mais que voulez vous, je me bats contre mes envies de gavage comme je peux. Le pire dans l'histoire, c'est que j'en ai tellement marre de tout que faire un malaise me fait même pas plus peur que ça. Je m'en torche. Tout ce que je voudrais, c'est me faire cocooner par tout ceux qui veulent bien, et puis reperdre ces 3 putains de kilos. Voilà. Et pouvoir faire l'amour à Benoît sans avoir tous les muscles qui tremblent comme des dingues, ni avoir du mal à me redresser ensuite, ni avoir des flashs devant les yeux pendant l'acte. Bordel! ha oui, et j'aimerais bien aussi ne pas avoir les muscles qui tremblent pendant ma séance d'escalade le mardi matin. Parce que c'est un peu humiliant quand même.

uzure

20/10/2007 12:42 par lalignenoire

12H 29, je me réveille doucement.
 
Et j'ai déjà envie de manger, une envie furieuse. Je me retiens comme une dingue depuis une semaine, moi qui vomissais presque tous les jours, avant. Je crois pas que je vais passer le week-end dans cet état de sainteté, franchement. Alors non je crise pas vraiment, mais mes repas et tout ce que j'achète comme nourriture en général est avalé en 60 minutes chrono: la seule différence avec une vraie crise, c'est que j'arrête quand il n'y plus rien et que je vomis pas après. Alors je prends du poids. La balance m'affiche deux kilos supplémentaires et je suis presque en larmes en découvrant ce nouveau record de gras. Je m'en veux de pas avoir le contrôle total sur ce que je mange, je m'en veux aussi de pas gerber et de grossir, je m'en veux pour tout.

Benoît, lui, est parfait. Il écoute tout ce que je peux avoir à lui dire, m'encourage, m'engueule, me cajole, me dit à quel point je suis belle, me couvre de baisers et de câlins. Sans lui, j'aurais continué ma traversée du désert c'est une certitude. C'est pour lui et pour ne plus me faire engueuler par ma psy que j'arrête, pour moi je n'y vois aucun intérêt. Enfin oui je vais un peu vite, mais si on regarde les choses en face quand je crise après je suis détendue, soulagée et plus maigre, là je suis sur les nerfs, limite hyperactive, je grossis, je suis en rogne, je fonds en larmes à tout bout de champ et je deviens même assez agressive. ça craint. Tous les symptômes d'un sevrage, quoi.

Et avec ça, avec toutes les quantités de nourriture que j'avale, le corps va toujours pas mieux, ça m'énerve prodigieusement. Je continue à avoir des flashs devant les yeux à certains moments, mes bras et mes jambes tremblent toujours autant, j'ai toujours des vertiges. ça m'énerve d'autant plus que je me dis que si j'arrête les crises et que cet état continue, j'aurais tout aussi bien pu continuer ça n'aurait rien changé. Et puis j'ai envie de manger merde! j'ai envie de gerber, j'ai envie de vider tout ce qu'il y a à l'intérieur, je veux plus rien savoir, donnez moi ma came, MERDE! (et hop, voilà qu'elle se remet à pleurer) SALOPERIE! je craque. c'est vraiment imbuvable cette situation. Je crois que je vais me faire un nouveau régime, qui va être constitué de coca light et de pommes. C'est les seules choses sur lesquelles je me jette pas à corps perdu. Sauf que ça va pas m'aider à tenir debout cette histoire. MERDE, MERDE, MERDE ET MERDE! J'AI ENVIE DE BOUFFER!

boulimie je te HAIS

17/10/2007 21:28 par lalignenoire

BOULIMIE  je te hais. Puisse tu crever dans ta gerbe, t'étouffer et disparaître à jamais. Il faut que j'arrête, il le faut absolument. Même si j'y prends du plaisir, même si ça me fait maigrir et me soulage, je dois arrêter. Parce que ma psy me regarde de plus en plus de travers quand je lui parle de crises, et qu'elle a dit aussi que c'était en train de devenir chronique, que si j'y arrivais pas elle allait devoir prendre des "dispositions", et qu'en plus, moi à force de le faire, j'allais finir par ne plus vivre du tout. Alors il faut arrêter.

Et j'en bave. ça fait depuis dimanche (?) que j'ai rien vomi et j'en meurs d'envie. Aujourd'hui j'ai eu un mal fou à me contrôler et en rentrant chez moi je me suis quand même jetée sur tout ce qu'il y avait dans mon frigo, des fromages blancs, du jambon, du jus de fruit: rien de gras, mais je suis quand même plus que calée et je culpabilise à fond. Je suis en larmes et je me hais. Le poids remonte, se dirige doucement vers les 54. Je me dégoûte. Chaque crise évitée me fait fondre en larmes. J'ai mal au crâne et la tête qui tourne, aussi.

J'ai réalisé l'autre jour que ça va bientôt faire un an que je me fais gerber. Enfin, j'avais commencé en hiver, l'an dernier. ça craint. C'est devenu une drogue, j'ai remplacé la scarification par la bouffe. Je suis boulimique.

Je me demande quels "dispositifs" ma psy voudrait mettre en place pour que j'arrête. Vu son air menaçant, ça avait l'air ni agréable ni plaisant. Je me demande si elle m'aurait refait hospitaliser. Je pense pas, mais on sait jamais ce qu'elle peut inventer. J'ai trop l'impression que ma psy est en train de devenir quelque chose d'autre qu'une psy. ça doit être l'effet du transfert. Elle est tour à tour psy analyste, silencieuse et neutre, puis psy comportementale, à m'ordonner tout ce que je dois faire, puis elle devient carrément père, quand elle me hurle dessus ou me regarde avec son air de désapprobation déçue, puis mère, réconfortante et complice (elle me fait parfois des compliments sur mes fringues par exemple), et enfin, c'est vraiment bizarre. je suis dans une relation de dépendance totale, ses froncements de sourcils me donnent envie de pleurer et quand elle rit ou me félicite je suis soulagée. J'ai l'impression qu'elle est en train de reprendre tout ce qui a pas été fait dans mon éducation, elle met des limites et fait toujours attention à mon corps, à ma minceur, à si je suis pâle, si je tiens debout ou pas. Je suis sûre que tout ça est intentionnel, que ça fait partie de la thérapie. Qu'elle veut que je prenne conscience que j'ai un corps qui existe.

Benoît m'aide beaucoup. Sans lui je crois que j'aurais jamais eu le courage de ces derniers jours. A vrai dire, c'est quasiment pour lui que j'arrête. Parce qu'en ce qui me concerne, j'arrive à trouver aucune raison pour arrêter de vomir. J'adore ça, j'adore manger sans limite, sans que plus rien n'existe pour me contrarier, et c'est tellement plus facile de se venger sur la bouffe que de gueuler sur des gens ou de s'imposer. C'est la voie de la facilité, en quelque sorte. J'ai même pas vraiment conscience que ça me détruis. Ou alors je m'en fous. Vivre en se foutant en danger, ça a quelque chose de tellement plus excitant qu'une vie morne et plate. Horrible n'est-ce pas? c'est de la réjouissance morbide a dit ma psy. Après tout, dans n'importe quelle dépendance il y a du plaisir - puisqu'on y revient. C'est plus fort que nous, mais on y revient quand même.

ça fait donc deux ou trois jours que j'ai pas fait de crise. Je garantis vraiment rien pour demain. Et encore, s'il y avait que demain! je me dis qu'une crise demain, vu les efforts fournis hier et aujourd'hui, ça pourrait passer. Mais après, ce qui serait bien, ce serait que je tienne au moins deux jours avant la suivante. Une crise tous les trois jours, ça me paraît très difficile, mais à peu près faisable, si j'arrive à demander un peu plus d'aide de la part de mon entourage. Une crise tous les trois jours. Quand je pense qu'il y a eu des périodes où j'ai pu tenir une semaine ou même dix jours sans en faire, je me dis que j'ai pas mal plongé dedans depuis. c'était il y a quelques mois. Je regrette la période de cet été où je mangeais plus rien. J'angoissais parce que j'étais tout le temps en hypo et au bord du malaise, mais au moins, la nourriture était plus là. C'était pas une solution, mais c'était reposant. J'en ai marre.