dimanche
01/06/2008 15:53 par lalignenoire
J'ai envie d'écrire ni sur mon autre blog (trop public), ni dans mon journal (trop seul). ça va un peu mieux par rapport à hier soir, où j'ai très mal encaissé le fait qu'on me dise que je sois une parfaite plante verte, mais du coup je me suis mise à angoisser ma race par rapport à demain et le boulot qui commence. En fait je suis carrément terrorisée, et y a zéro moyen de fuite puisque j'ai signé le contrat et tout et tout. Et d'ailleurs il est hors de question de fuir, j'ai beaucoup trop besoin de ce travail.
Mais oh mon dieu, ce que je me sens mal. Par rapport à Benoît et par rapport au taf. J'étais censée dormir chez lui hier mais après le coup d'Aurélie j'avais vraiment plus le courage pour quoi que ce soit, et je crois que mes sautes d'humeur le font sérieusement déprimer. En ce qui me concerne, le fait qu'il m'aime autant me terrorise tout bonnement et je me sens incapable de l'affronter, de lui mette ma fuite, ma peur, ma haine, ma tristesse en pleine face aujourd'hui. Tiens et hier on a eu vent d'une nouvelle rumeur, apparemment venant de cette chère Julie: que Rej serait amoureux de moi et me tournerait autour. Ah bah bien. On m'a dit ça dès que je suis entrée dans l'apparte d'Aurélie, et j'ai remercié le ciel de m'être embrouillée avec lui et d'avoir un peu ouvert les yeux depuis sur son comportement avec les filles parce que sinon j'aurais été franchement mal. Surtout que Rej, histoire de bien prouver le ridicule de cette affaire, s'est tourné vers moi et m'a balancé en pleine face : "je t'aime et je te veux, Benoît partage moi ta femme". J'ai eu suffisamment d'allant pour dire que je n'y tenais pas du tout, c'est plus les mecs qui décident bordel de merde.
N'empêche. J'aimerais arrêter d'être aussi fragile et sensible, ça me rend littéralement malade. Je reçois toutes les émotions du monde dans la tronche et j'ai beaucoup de mal à me dépêtrer avec. Je passe sans transition de l'angoisse la plus maladive à la haine la plus violente, puis à la tristesse la plus dépressive avant de repasser par la case "joie", où j'exulte complètement, avant de retomber dans l'apathie la plus morne. C'est très fatigant. C'est très fatigant et je remarque que ça fait peut-être plus de dix jours que j'ai pas fait de crise, je n'y ai même pas pensé, c'est très positif ça. Si on oublie le côté "j'oublie régulièrement de manger et la nourriture ne passe pas" c'est positif, oui.
Enfin. Pour cette aprème, il me reste une auto-école à faire, puis aller faire un tour à Echirolles pour regarder mon nouveau lieu de travail, puis je pense aller chez ma mère pour récupérer mon pantalon. Je vais y aller à vélo. Tiens en parlant de vélo, c'est dingue comme c'est devenu mon nouveau jouet: je veux l'utiliser tout le temps, j'ai envie de tuer quiconque me le volerait, j'adore être dessus. Bon quand c'est le cas je suis généralement très concentrée sur les panneaux, la route, les voitures, les piétons; je ralentis constamment, je suis nerveuse, j'ai peu d'équilibre et tout ça, mais je me dis qu'aller au travail comme ça va être une vraie partie de plaisir - y a personne sur les routes avant 6h du matin. Et puis les réflexes reviendront avec le temps, ça faisait bien longtemps que je m'étais pas retrouvée sur deux roues. ça me donne aussi l'impression de gagner un temps fou et de me maintenir en forme tranquillement. Tiens je sais plus si je t'ai dit, mais j'ai recommencé à faire des abdos et des altères dans l'idée de me muscler et de retrouver un ventre plat. Je pense que le retour à des horaires réguliers va aussi me faire un bien fou, tant au niveau du sommeil (qui est une véritable catastrophe en ce moment, je dors entre 3 et 5h par nuit, quand je me couche pas à des heures improbables), de la nourriture (le repas de midi est devenu assez difficile), du transit (n'importe quand ou pas du tout).
Bon et pour reparler du travail, voilà, j'ai peur de pas être à la hauteur, de paniquer et de le faire voir à tout le monde. J'ai peur de m'entendre avec personne, ou de passer pour la bonne poire de service ce qui serait très possible me connaissant. J'ai peur que mes tenues déplaisent, et j'ai d'ailleurs toujours pas trouvé le truc pour concilier habits plus que corrects, vélo et pluie. Je crois que demain je vais me prendre un méga sac, avec affaires de rechange, picnic, eau, bloc-note. Si ça peut me permettre de déstresser et de paraître un minimum organisée allons y. Et puis putain, j'aurais vraiment voulu avoir Nuny au téléphone avant d'attaquer le travail, je me sens un peu isolée sur mon île déserte ces temps ci. Enfin il est bientôt 4h, je vais devoir y aller (le temps de me préparer, je suis pas prête avant la demie...) Non je voulais encore dire un autre truc. Ouais, je me demande si j'aurai beaucoup de collègues de boulot ou pas, et comment ça va se passer avec elles. A Kyriad, les autres filles étaient vraiment heu... bon disons que plus le grade s'élevaient et plus elles étaient classes, mais nous les femmes de chambre étions vraiment tout en bas de l'échelle. Donc ça parlait mal, ça s'insultait et c'était habillé n'importe comment. Là, j'ai un peu moins un boulot de trouffion, et je me dis que pour être embauchée à Securitas, faut avoir un certain nombre de valeurs bourgeoises, bonne présentation, bonne élocution et tout. Donc je me dis que y a moyen de tomber sur des filles plus classes, plus calmes et plus polies - un peu comme moi je l'espère. Je prie pour que ce soit pas des petites bourgeoises perverses, ça me ferait vraiment chier. Et je sais pas si on sera plusieurs hôtesses d'accueil ou si je serai toute seule à mon poste, auquel cas je risque de me faire vraiment chier, espérons qu'il y aura des collègues vigiles pour copiner. Oh mon dieu, je prie pour avoir un maximum de collègues mâles, les filles j'en ai vraiment plus que ma claque. Sur ce faut vraiment que je me prépare ou je vais arriver à l'heure des cailles à l'auto-école (on en est déjà pas loin).
en vitesse
31/05/2008 22:28 par lalignenoire
Bon je n'ai vraiment pas le temps mais je résiste pas à l'envie d'écrire. En gros:
- ai trouvé un taf j'attaque lundi matin
- Benoît m'attend en soirée chez Aurélie (espérons que je mette pas trop de temps à y aller)
- quelqu'un a visité mon blog actuel et vu 26 pages, ce qui m'inquiète un peu (aurait-il trouvé mon blog? ça me plairait pas du tout de devoir me justifier sur tout ce que j'aurais eu envie de dire)
- 'ai papoté à un des punks qui me tapent la converse de temps en temps, et il m'a dit qu'un de ses potes s'était jeté de la bastille, avec l'air de dire "tu vois qui c'est". Je me demande si ce serait pas punk blond, mais je crois pas (j'espère pas. )
- un peu gênée vis à vis de mon chéri en ce moment, qui je trouve a perdu tout esprit d'initiative dans l'idée que je sois bien, ce qui me fout terriblement mal à l'aise. alors ok je suis chiante, ok j'ai des faiblesses, mais il est hors de question qu'il devienne "rien" pendant ce temps là. bordel j'aimerais retrouver mon homme plein d'allant et de vitalité, et je suis un peu inquiète quand au déroulement de la soirée parce que je suis censée dormir chez lui cette nuit, et j'ai ni envie de me mettre à le fuir, ni envie de déprimer parce qu'il sera trop gentil, trop conciliant et que je saurais plus quoi faire de lui (et oui, reportons nous à l'avis de Bastrenta qui décrit comment mon identité part en miettes quand il y a trop de désir de la part d'une personne, ce qui s'applique à son cas puisqu'il veut trop que je sois bien en s'oubliant lui-même).
- j'ai un vélo et je le lâche plus depuis hier
- Yvann part en angleterre le 18 je crois, je lui ai fait passer une lettre d'au revoir par l'intermédiaire de Morgane, avec qui un bon contact semble avoir été rétabli
- je n'ai pas franchement envie de bouger, en fait
- ni vraiment de voir du monde (j'ai un peu du mal avec les trips d'Aurélie bourrée, elle me fait terriblement penser à Yvann)
- préfèrerait dormir chez moi et regarder plein de films et errer sur internet
- sauf qu'il est un peu tard pour se désister, on m'attend
-ai très envie d'être entourée de plein de mecs, me sentir désirable et draguée, et ce ne sera sans doute pas le cas ce soir
- je déteste avoir envie de fuir mon mec parce que je sais qu'au fond je suis dingue de lui, mais enfin j'ai un peu la pression en ce moment (rester fidèle, lui plaire, décider de nos soirées, du sexe, décider de qui on voit ou pas... j'aimerais juste qu'il se réveille, j'ai l'impression de devenir le mec et en plus je manque cruellement de la présence d'amis masculins à mes côtés)
- j'ai une minute de retard, et sachant que je ne suis toujours pas partie de chez moi, ce retard va augmenter de façon exponentielle
- ai vraiment peur que ce soit Benoît qui se soit baladé sur mon blog pendant je sais pas combien de temps et lu tous les articles en détails, ô angoisse
- (enfin cela dit si c'est le cas je vais très vite retrouver mon envie de lui plaire et de le séduire parce qu'il sera sans doute fou de rage contre moi)
porque el alma prende fuego...
26/05/2008 11:03 par lalignenoire
matin, fond sonore, Lhasa
jsais pas quelle heure il est, mais je sais que si je dors pas avant midi, ça fera 24h que j'aurai pas dormi. ça craint putain. je comprends pas ce que j'ai. j'alterne mes humeurs comme la couleur de mes chaussettes, c'est trop fatiguant, zéro stabilité nulle part. je cogite énormément, ce matin. sur tout. ce serait même typiquement de la logorrhée mentale. obsessionnelle. autant y aller, alors. sinon je vais jamais dormir, et plus que la fatigue, je vais vraiment me dire que je suis tarée. c'est pas normal de pas arriver à dormir dans des laps de temps aussi longs. j'espère que j'aurai dormi d'ici mardi. putain.
où j'en étais alors? Benoît. mon chéridounet, pour sûr. avec qui nous cogitons sur le problème du sexe, vu que celui ci a quasi été absent de nos relations depuis un mois et que ça commence à peser. j'ai cru qu'il me désirait plus, et paraît que c'était pas vrai. paraît même qu'il crève d'envie de moi, mais alors le soucis c'est qu'il me le montre absolument pas. certes, il a des raisons: peur de me brusquer, de me faire peur, de me faire pleurer, d'être maladroit. putain on dirait deux puceaux alors qu'on l'est plus depuis un moment. bref. enfin il est bien mignon, et c'est très aimable de sa part d'accepter mes peurs comme ça, mais il aide vraiment pas à faire respecter ses limites à lui. et du coup moi je sais plus du tout où j'en suis, surtout quand je commence à croire que ça y est ça va se faire et qu'en fait il finit par se détourner - et je reste con comme un balai, tu vois. donc voilà y a déjà ça comme problème, mais y en a aussi d'autres. après avoir dégagé (plus ou moins) de mes relations Y, J, M, et Ju, je me sens un peu seule. Résultat, Benoît a été, à certains moment, mon seul contact avec l'extérieur. et si lui ça a pas l'air de le déranger plus que ça, moi ça me fout horriblement mal. je dépends suffisamment de lui comme ça, pas besoin d'en rajouter. alors oui bien sûr on a envie de se voir tout le temps, et comme j'ai jamais rien prévu ailleurs on en profite, mais à force putain, je me sens mal. je voudrais voir du monde. du coup j'ai fini par passer une partie de ma vie avec Yvan, qui m'a raconté toute sa vie par le menu et c'était bien sympa. mais n'empêche. j'en ai pris conscience samedi et ça m'a fait mal, mais le fait de m'être pris la tête avec Rej, le fait d'être la copine de Benoît, ne me rendent plus du tout draguable en soirée. résultat, je me sens encore plus indésirable, moche, invisible et stupide. et ça me fait presque autant chier que mes problèmes au lit. bordel, j'ai un besoin inextinguible de me faire draguer, ou même sans parler de drague y a pas à dire, je me sens toujours mieux entourée de mecs que de filles, et horreur, en ce moment, la majeure partie de mes fréquentations sont des filles. ça va pas du tout. mis à part avec Marie, Charlotte et Maureen, j'ai beaucoup de mal à accrocher avec les conversations plus ou moins futiles, les discours sur les culs de tel ou tel gars, les racontars forcenés sur les histoires de cul de je sais pas qui etc. alors bon. pour parler franchement, pendant le concert de samedi, si j'avais osé, si j'avais su quoi dire, je me serais carrément plus rapprochée des potes à Benoît genre Freak, Mik et Jeff, qui sont certes tous les trois des skinheads ou approchant, mais qui ont tous un minimum de virilité quelque part. et le jeu de Rej avec Hélène, Aurélie et Anne me débecte. ce type semble aimer les femmes-objets, qui disent oui en souriant, acceptent ses vannes douteuses et ne l'envoient jamais trop chier. je me dis qu'à une période, j'ai dû être pareille, puisqu'il m'a appréciée. l'avantage de l'histoire, c'est que j'ai tellement déchanté que je sais absolument où j'en suis par rapport à lui. (c'est à dire, le plus loin possible).
mais bordel, je sais pas ce que je donnerais pour être de nouveau entourée de mecs, des mecs bien mâles sexués de partout, des mecs dont B pourra être jaloux, pas des homos, pas des tafioles, pas des gamins boutonneux de quinze piges comme le truc à qui j'ai tapé dans l'oeil vendredi soir. un type horriblement macho genre le pote à Quentin, qui a commencé par me dire bonjour en me chopant la taille, et m'a dit au revoir avec un bisou sur le front: c'est tout à fait le genre de mec qu'il me faut: un emmerdeur, une vraie grande gueule avec qui je puisse m'engueuler, foutre des claques, balancer des vannes sexistes pour répondre aux siennes, et puis être petite et fragile à côté de lui, et pouvoir regarder droit dans les yeux tous les gens que j'aime pas dans la rue juste parce que y a un mec viril à côté de moi (je plaisante, je le fais avec ou sans mec à côté), et puis me sentir regardée par quelqu'un d'autre que Benoît, savoir qu'il n'est pas le seul à me donner de la valeur, mais savoir aussi que si je suis avec lui (B), c'est parce que je l'ai choisi parmi d'autres, et non parce qu'il est le seul.
il faut que je rappelle Bruno. en parlant de lui, on a repris contact sur msn et ça c'est super bien passé. de plus, Benoît semble avoir complètement digéré l'affaire de l'année dernière et a même accepté l'idée que j'aille boire un café en sa compagnie un de ces jours: l'histoire est donc vide d'embrouille de tous les côtés et c'est parfait. sans parler du fait que Bruno s'est trouvé une copine avec qui il est super content donc tout va bien.
à part ça, je me suis réveillée l'autre jour et je savais plus où étaient passés les contours de mon corps, j'étais comme infinie et minuscule c'était terrible comme impression. je me suis demandée si me prendre un bon coup de ça va ça vient arrangerait mon affaire ou pas, et j'ai toujours pas répondu à la question. je sais pas. tout ce que je sais, c'est que j'ai terriblement envie de parler à ma psy, je déteste cette période entre le jeudi et le mardi où je la vois pas, je suis complètement perdue sans elle. bon ouais, pour en revenir au corps c'est la merde en ce moment. avec la bouffe c'est très aléatoire, soit catastrophique soit normal, et le poids oscille toujours entre 50 et 52. j'ai une foutue envie de maigrir, par contre. vraiment. et je sais que plus ça monte et plus le temps approche où je vais repasser aux actes, genre me refaire des séances de sport tous les soirs, parce que j'ai aussi vraiment tendance à me trouver flasque et grassouillette, quand bien même je suis longiligne, quand bien même parmi toutes les filles que je fréquente (et dieu sait qu'il y en a trop à mon goût), je suis l'une des plus minces; quand bien même je rentre encore dans mes jeans du collège, quand bien même mon mec semble me soulever sans effort, quand bien même mes clavicules sont un peu saillantes, etc. je voudrais bien comprendre ce problème de limites du corps, j'ai l'impression que tout tourne autour de ça en ce moment: le dedans et le dehors. j'ai du mal à gérer. j'ai en gros envie que tout sorte et que rien ne rentre (que ce soit de la nourriture ou quoique ce soit de masculin), mais malheureusement je crois que c'est pas comme ça que ça marche. je voudrais... je me dis que si je pesais dans les 49-48 kilos, je serais parfaite. je sais aussi que si Benoît n'avait pas été là, avec l'humeur que j'ai eue ces derniers mois, les 50 kilos je les aurais défoncés depuis longtemps. y a qu'à voir, c'est devenu limite mathématique: si je passe une soirée à l'apparte, en froid avec ma coloc, le lendemain je suis à 50kilos; et si je passe une journée et une nuit chez Benoît, c'est 52 après. et puis j'ai pas de rythme, et puis j'oublie assez régulièrement de manger, aussi. je voulais dire encore un autre truc à ce propos. je crois qu'aujourd'hui aussi, je me sens sans limites. un peu comme si tout pouvait me traverser. tiens en parlant de Benoît encore, l'autre soir je me suis demandé si on avait pas une sorte de fatalité tous les deux, où moi je serais là pour le faire souffrir et lui pour se laisser faire. des fois j'ai l'impression qu'on répète ce schéma dans toutes ses variations.
je vais péter un plomb. les ouvriers d'à côté viennent de sortir le marteau piqueur, merci bien. je t'avoue que depuis ce matin, je me demande si je vais pas me prendre un somnifère, même si on est en pleine journée. je sais que plus je vais être crevée et plus je vais penser et dire et faire de la merde, mais ça ne garantis en rien le fait que je dorme, surtout avec du bruit à côté. bon ça me perturbe tellement que je crois que je vais arrêter l'article ici.
ha ouais, je voulais dire aussi que j'avais envie de me créer un nouveau blog. mon blog de l'extincteur est très bien, mais il marche pas fort et il a absolument aucun rôle social. donc je me demande si je devrais pas en créer un avec je sais pas, des histoires, des photos, quelque chose qui soit présentable à des miss de quatorze ans comme mes cousines, sauf que j'ai beau réfléchir, je sais absolument pas ce que je raconterais quand même. parce que faire des photos c'est adorable, mais j'ai pas d'appareil photo; et pour ce qui est des histoires, elles sont encore plus personnelles que mes journaux et toutes inachevées, donc pas très publiables. sinon des dessins, ce serait une idée. ce qui impliquerait de télécharger un logiciel de dessin par ordinateur acceptable. ce qui impliquerait d'arriver à garder un minimum de place libre sur mon ordinateur, sachant que c'est loin d'être gagné. ce qui impliquerait de dessiner autre chose que des squelettes à poil et des monstres masqués. vraiment loin d'être gagné, y a que ça qui m'inspire.
... comment est ce que je vais faire pour dormir moi hein? je suis fatiguée bordel je le sens, mais ça veut pas venir et en plus y a du bruit. faudrait essayer les boules quiès. je suis un peu réticente à l'idée de prendre un somnifère en pleine journée, ça fait un peu trop n'importe quoi à mon goût et mieux vaut que j'y prenne pas trop goût. allez bonsoir... ou bonne journée.
lobotomie
08/05/2008 00:55 par lalignenoire
suis dans état complètement second. Journée d'échec cuisant: pas capable d'aller dans une boîte d'intérim donner un CV, ce que je trouve parfaitement honteux. Suis complètement abrutie. poids à 51 kilos ce matin: en ce moment, j'oscille entre 50 et 52. Je joue avec mon IMC, passant du statut "normal" au statut "dénutrition modérée". suis complètement désaffectée, et en ce qui me concerne, plus je maigris et plus je suis contente. Depuis le début de la boulimie, j'ai perdu près de sept kilos. Etrange que je m'en rende si peu compte. Je viens de regarder Lust Caution et ça m'a un peu brassée. Failli pleurer à la fin d'ailleurs.
Fantasmes d'ailleurs. Fond sonore: Tri Yann et ziques celtiques en général. S'interroge vaguement sur pourquoi moi je peux écouter tant de musiques différentes et pourquoi les jeunes d'aujourd'hui se cantonnent généralement à ce qui passe à la radio. Je m'impressionne toute seule avec la diversité des styles que j'écoute: du folk, du black, du heavy, du rock, du rap, des chants indiens, espagnols, militaires (français, russes), du punk communiste, du métal nazi, de l'industriel, du hardcore, de la pop sirupeuse, des bandes originales de films... pourquoi tout le monde n'a pas ce goût là? mais tout le monde n'a pas mon incapacité à travailler, merci pour eux.
Fantasmes de maigreur absolue et de prise en charge masculine. Genre punk blond, que j'ai pas vu depuis bien longtemps. pas plus mal, à la limite, parce que je mets généralement beaucoup trop longtemps à m'en remettre. Fantasmes celtiques, me voyant blonde, avec une couronne de fleur sur la tête, dans une forêt herbeuse, devant un dolmen, avec un grand viking roux (ou blond, ou brun, ou les trois). Style de fringue change constamment. Je passe du gothique le plus romantique, au métal avec des piques, au punk (jean déchiré, casquette militaire), et tout à l'heure avec mes nouvelles godasses (à 80€!!!), je me donnais l'impression d'être une de ces gitanes, perchées sur des talons immenses, habillées en moulant et en jean, avec de grosses boucles d'oreilles et une tête complètement défaite. Ouais, des nouvelles chaussures. Des sandales noires, cirées, genre en peau, avec des talons vertigineux. Et qui font mal au pied, mais putain, qu'est-ce qu'on se sent sexy avec des belles chaussures. Surtout avec mes petites chaussettes ajourées et lacées. Je pense souvent à cette phrase qu'on m'a mise en commentaire sur un blog, comme quoi un jour, je deviendrai un alien magnifique. Je crois que ça a été un des plus beaux commentaires qu'on m'ait fait sans me connaître, et plus le temps passe et plus j'ai l'impression que la fille qui m'a écrit ça a vu très juste. Je vais peut-être changer vestimentairement parlant, mais dans le fond, je vais sans doute garder un quelque chose de très spécial toute ma vie. C'est peut-être pas plus mal. Marie l'autre jour m'a dit que j'avais une façon d'entrer en contact avec les gens où on sait tout de suite ce que je pense, très franche, que ce soit pour le bien ou le mal, et que du coup, soit on m'adore, soit on me déteste. Il y a des choses que les gens me disent qui me font extraordinairement plaisir.
Mon chat est né la semaine dernière. J'ai toujours pas trouvé de nom. J'hésite entre Kétamine, Cortex et Siam, tout en restant ouverte à toutes les autres propositions qui peuvent se trouver sur mon chemin. Enfin, je crois avoir renoncé à tout ce qui a une consonance pathologique au sens psychiatrique du terme, parce qu'en fait ils me rappellent tous à des souvenirs plus ou moins affreux.
J'ai promis à Benoît de pas me laisser abattre et d'aller donner ces foutus CVs, alors puisque j'ai promis, je vais devoir le faire. Toutes les fois où j'ai juré que je ferai pas de crise, je m'y suis tenue. Autant faire pareil pour le boulot, puisque pour moi-même je n'arrive à rien. Même au nom de mon fantasme sur mon futur appartement. (Drapé de rouge et or, avec des tapis, un lit immense, une moustiquaire rouge, de l'encens, de la déco, du confort, des meubles, une tv, un congèle, deux pièces, un balcon, et bien sûr, le moins cher possible). Minuit cinquante. Peut-être temps de se foutre à poil et de se coucher. Je suis peut-être maigre. Peut-être. mais en tout cas je viens de recevoir un texto. Il faudra aussi que je m'occupe de la paie à Kyriad et de la taxe d'habitation. ça ira peut-être mieux quand j'aurai fait ma crise. Tous les dix jours, j'en fais une. J'arrive pas à dépasser ce délai là. Mais c'est tellement mieux que tous les jours, ou plusieurs fois par jour. La santé va tout de même mieux, dans l'ensemble. Même si j'ai mes règles un peu n'importe quand, une fois tous les deux mois en gros. Le cycle s'est beaucoup ralenti. Qui a pu m'envoyer un texto à cette heure-ci? c'est peut-être Benoît qui me souhaite une bonne nuit. j'ai un petit creux mais aucune envie de manger. Enfin. Je vais aller me coucher, imaginer des choses merveilleuses, et oublier que mes yeux font des flashs tous seuls, dans l'obscurité. ça, je crois que ça arrive quand je mange pas assez. C'est aussi généralement lié aux fois où je suis trop faible pour me soulever, la nuit, mais enfin, ça fait bien longtemps que ça n'est pas arrivé. Bonsoir...
ça mousse...
03/05/2008 07:20 par lalignenoire
Samedi, 7h
Ai été réveillée ce matin par "folies du corps" dans la chambre d'à côté. ça me fait bizarre de me dire que je peux les entendre mais qu'aller les regarder serait tout à fait indécent. Bah, ne soyons pas trop puribonde. Ou quelque chose dans le genre. Du coup suis en train d'écouter "ça mousse" de Superbus, très jolie cette chanson.
N'empêche... je me sens terriblement vide et seule. Hier soir j'étais supposée voir Julie mais je me suis endormie, et sur msn elle a donné zéro nouvelles, même si elle était connectée. J'ai fait un rêve atroce, où j'étais dans une maison et où un malade se proposait de nous violer, de nous pendre pendant quelques secondes puis de nous noyer une bonne fois pour toutes. C'était la maison de mes grands parents et je préfèrais sauter par la fenêtre que subir ça, et puis j'arrivais à m'échapper et je me retrouvais dans un village minuscule, à préparer une machine à laver et un type me parlait de psychologie expérimentale.
Je sais pas ce que je vais faire aujourd'hui. Je commence à me demander si c'est vraiment la peine d'essayer de voir des gens, puisqu'à chaque fois j'angoisse, ça ne se passe pas, ou pas bien et qu'au final je culpabilise. Je sais pas. Il y a toujours Pierrick et Guillaume qui sont sur la file d'attente, mais je flippe tellement. ça me fait peur de devoir me dépasser un grand coup. En même temps, je vais pas rester tout mon week-end toute seule, quand je ne squatterai pas chez mon mec. Je cogite sur les deux dernières problématiques mentales soulevées: ma peur du sexe et ma peur des groupes, ou même des gens en général que je rencontre. Je sais pas quoi en faire, du tout, et il y en a aucune qui semble avoir une explication logique. Je sais pas si je suis supposée les terrasser, comme ça, d'un coup de bazooka, ou si j'ai le droit de déprimer un coup et de m'y attaquer plus tard. Parce que perso, la facilité me dit de rester seule un moment, et quand les Autres m'auront vraiment manqué, y retourner. Pour le sexe je sens que c'est de toute façon ce qui va se passer, parce que si j'essaie de me forcer y a rien de bon qui va en ressortir, mis à part que je vais me mettre à pleurer pendant l'acte -et stop. Enfin. Pour aujourd'hui, disons le franchement, j'ai envie de me mettre complètement d'équerre dans un parc, ou n'importe quel endroit avec de la verdure; de me coucher dans l'herbe, avec la tête qui tourne et une agréable satisfaction bête. Je sais pas si je vais le faire ou pas. Je pense pas que se mettre mort pilot toute seule soit une vraiment bonne idée.
...
Je crois que mes deux zozos d'à côté sont passés à une activité plus calme (dormir par exemple), j'entends plus rien. Ouais. je vais peut-être pouvoir tester une sortie, genre un passage vers la cuisine (je suis affamée) et un autre aux toilettes (j'ai aussi envie de pisser). J'ai encore dû dormir douze heures, je crois. Allez, je sors de mon lit. Il est 7h 20. Je me demande qu'est-ce que je vais bien pouvoir foutre de ma journée. Je pourrais aller à Grand place, j'ai des photocopies à faire. Je ferais bien du shopping. Putain, je me camerais bien. A n'importe quoi.
au boulot
13/04/2008 07:46 par lalignenoire
Il est 7h 43 et je vais partir pour ma première journée de boulot. J'ai un peu le trac mais je suis pressée d'y être, pour me prouver que c'est pas si terrible que ça. Oui, ça devrait bien se passer. Pense argent.
J'ai aussi un peu les nerfs parce que j'ai prêté mon pc à Morgane et Yvann cette nuit, et que je le retrouve avec plein de bordels entre les touches. Je décrète donc le pc inaxessible jusqu'à nouvel ordre, ça me fait grave chier. Sur ce, je m'en vais et je me souhaite bonne chance et bon courage. [je flippe...]
...
02/04/2008 18:03 par lalignenoire
Un mercredi soir. 3ème jour où je suis malade, malade et crevée. Morgane en train de pester sur son mec au téléphone avec sa mère. Moi j'ai la tête qui tourne, le nez bouché et les cheveux sales. Julie qui voulait qu'on aille se bourrer la gueule ensemble hier soir et j'ai répondu qu'aujourd'hui - pas motivée du tout pour aller me peler le cul dehors. Rej qui veut qu'on s'explique par rapport à ma scène de l'autre fois. Je trouve ça d'un degré de débilité absolument avancé, puisque à mes yeux, c'est lui qui a créé une embrouille de toute pièce. Je suis désolée mais mes engueulades avec mon mec, il a strictement rien à voir dedans, quant à ses potes qui font l'apologie du viol, je suis désolée mais il me semble aussi que j'avais le droit de rager. Alors bon, pour cette explication je suis absolument pas motivée. je lui ai dit qu'on ferait ça la semaine prochaine, pour cette semaine je suis gavée, gavée de tout. Gavée des gens et gavée surtout des soirées où je me mets minable pour plaire à mes potes. J'ai la honte et pas le moral.
Enfin, je crois que je vais aller me foutre au pieu un moment avant d'aller prendre ma douche et voir Benoît. Je me sens extraordinairement irascible, sur les nerfs - et terriblement angoissée, aussi.
suite
06/02/2008 18:40 par lalignenoire
18h 35
Je viens de me réveiller et je me sens conne. Je me demande comment je me suis démerdée pour me faire une journée aussi loose que celle là: faire péter les cours, pleurer, n'avoir rien avalé de solide, dormir. Je me sens pitoyable et Rej vient d'appeler pour savoir si je venais toujours. J'ai honte de me présenter à lui dans l'état où je suis, j'avoue que je me suis rarement vue aussi pâle - je tire au jaunâtre. Enfin une chose est sûre, je comptais pas jeûner aussi longtemps et je vais m'acheter à manger avant d'aller chez lui, des fois que je puisse avoir une tronche légèrement moins cadavérique. Je me demande comment Benoît va réagir, j'espère que Rej l'a mis au courant (que je venais chez lui, que j'étais pas bien, etc). Je me sens conne, ça craint. Je me demande comment je peux dormir autant en journée en ce moment, mais étant donné que je m'endors comme un bébé, je dois en avoir besoin. La preuve c'est que j'arrive encore à dormir le soir. J'ai honte de pas être allée en cours.
Allez. j'essaie de me dire que ça va aller, je vais passer une soirée tranquille. J'arrive même pas à comprendre pourquoi je suis autant dans le mal. Je suis aussi gênée parce que je suis de nouveau en mode "tout désir masculin m'effraie" et du coup ça me donne pas franchement envie de voir Benoît mais ça me rassure d'autant plus de voir Rej (parce qu'il se passera rien du tout, je suis en sécurité). J'ai le trac. Rej va certainement pas me laisser dans la vase comme ça, mais quelques fois sa façon de bouger les gens est assez hard. Je suppose que c'est un peu pour ça aussi que je vais chez lui. Courage, courage. Changeons nous les idées.
Et dire que j'ai même pas faim.
petit retour
06/02/2008 13:34 par lalignenoire
chais pas où j'en suis. j'écris ici pour moi, parce que j'ai pas le courage de me déplacer jusque dans ma chambre pour prendre ma clé usb. C'est comme un journal perso, vraiment perso.
Déprime. Ai des vues terribles sur Rej, qui est sur msn et me propose de squatter chez lui, cette aprème, ce soir, quand je veux. J'ai été promue au rang d'amie, dit-il. ça me fait plaisir. Mais je déteste son insistance à vouloir que je lui présente des amies à moi. Je suis fatiguée. Yvann voulais apparemment qu'on se voie cette aprème, j'ai toujours pas répondu. J'espère que y a rien de grave, mais j'ai aucune idée de quoi dire sur un texto - à qui que ce soit. Pareil pour Morine, j'étais supposée la recevoir elle, Yvan et Caro ce soir, mais je m'en sens absolument pas le courage. Peur d'avoir déprimé Morgane tout à l'heure, par mon état catatonique et pleurifique. Voudrais aller zoner quelque part toute seule. Ou qu'on me donne la réponse à ma question. Pourquoi je porte des mini jupes et pourquoi je hais tellement qu'on me dise que je suis belle, sous entendu, avec des seins des hanches des cuisses et des fesses. J'ai pas l'impression que dire ça soit vraiment parler de moi, c'est biaisé, ça devrait pas exister. Je voudrais qu'on me trouve belle même (surtout) désincarnée. J'ai envie de manger mais si je mange je vais sans doute vomir après. La balance part en live. M'annonce des pertes de trois kilos en une minute chrono. Et une reprise en une minute chrono aussi. Hésite à appeler association Nicodème, pour servir bénévolement des repas à des gens en faillite financière. J'angoisse. le travail, même pas payé, ça me terrifie. Je m'en sens indigne. Pas à la hauteur. Je me dis que tout patron, tout gérant quel qu'il soit, ne peut que me refuser. Je suis jeune, bête, inexpérimentée, forcément qui a pas l'air motivée/motivante du tout, angoissée, et j'ai envie de chier. Pour me vider encore, un peu plus. Voudrais savoir combien je pèse, vraiment. Devrais peut-être aller me peser chez ma mère, sa balance marche, à elle. Moi j'ai choisi la moins chère. Angoisse. Pas de thunes, de la paperasse urgente qui attend, des dettes à ma psy, de la bouffe et des trucs à payer. Et si je pouvais m'acheter un nouveau blouson, ça m'arrangerait. Le mien, en pseudo cuir, est tout troué de partout. Heureusement que ça se voit pas encore beaucoup. Le corps dit qu'il a faim. Comprend pas pourquoi moral si à zéro aujourd'hui. Ai pourtant passé soirée très agréable hier, entre filles, avec juste Marie et Charlotte, chez Marie. Elle nous a fait à manger (soupir) et on s'est raconté tous nos potins, c'était bien. Pense à Mortifère et au passé. J'ai froid, combien il fait dans cette baraque? Corps s'est remis en mode "mauvaise santé". Tête qui tourne, tremblements des quatre membres. Frissons. Fatigue. Rej me reparle. Je me sens conne, ça craint. Et si grosse.
enfin le mot grosse est pas vraiment adapté. Je me sens plutôt techniquement horriblement massive, avec de la masse, tellement de masse en trop, tu vois, c'est pas vraiment basé par rapport à un hypothétique mince ou grosse, mais par rapport à mon idéal à moi. par rapport à cette idée, je suis effectivement très grosse. Et je commence à me prendre des objets dans la gueule quand je dis ça, à des gens. Je les exaspère, peut-être. Ils me font me sentir débile de dire ça, de penser ça, mais j'arrive tellement pas à m'en empêcher, c'est tellement plus fort que moi. Je crois que je vais me recoucher. Je vais annuler les autres de ce soir (pourvu qu'ils ne m'en veuillent pas...) et j'irai me faire réconforter chez Rej ce soir. Il veut jouer à la belotte. Il y aura peut-être Benoît, qui sait. Lui se met à déprimer aussi, quand il voit que je suis triste. Alors ça me rend triste aussi, et j'ai plus envie de l'embêter avec ça, je veux qu'il ait le moral, qu'il soit heureux. C'est pas comme si j'étais en train d'essayer de me pendre, après tout, ma déprime a beaucoup changé ces derniers temps. ça va plus aussi loin. c'est plus comme si tout se désagregeait sous mes pieds, c'est plutôt comme si je me prenais des claques de vent et de pluie dans la gueule - le sol ne s'effondre plus, c'est déjà ça. C'est plus supportable, aussi. Allons. tout n'est peut-être pas perdu.
de la suite
08/12/2007 23:51 par lalignenoire
D'une manière générale en ce moment, je n'écris quasiment plus dans mes journaux perso mais que dans mes blogs. Allez savoir pourquoi, l'idée d'écrire pour moi seule ne m'intéresse plus du tout. Alors voilà, je rentre de soirée. Comme on l'aura remarqué, il est très tôt, et non, ce n'est pas dans mes habitudes de revenir chez moi avant onze heures du soir.
J'étais avec Yvann, Morgane et Pada au Mark XIII, et je sais pas, j'étais pas dans mon assiette. Je cogite beaucoup sur Yvann. Il y a quelque chose chez lui qui a tendance à me faire sortir de mes gonds, mais je sais pas quoi. Je n'arrive pas à comprendre ce que j'attends de lui, mais souvent j'ai pas l'impression de l'avoir eu. Et puis je sais plus si je l'ai dit ici ou pas, mais il a quitté grenoble, même s'il y revient souvent. Il vit chez son père maintenant. L'autre jour il m'a annoncé qu'il allait sûrement partir vivre en Angleterre un moment, en mars, et je me suis mise à pleurer. Il a regretté de me l'avoir dit, du coup. Et puis il m'a aussi dit samedi dernier, en soirée, qu'il avait pas eu envie de m'appeler parce qu'il avait peur de me voir en train de bader, et ça m'a fait terriblement mal au coeur. Je suis donc si déprimée que ça? est-ce que je lui parle tout le temps de déprime alors? est-ce que je devrais me taire, faire semblant, sourire tout le temps? l'éviter quand je vais mal? le pire c'est qu'il disait ça avec une bonne intention, mais putain, qu'on m'évite parce qu'on se dit que je vais encore être mal ça fait chier - et ça me fait sévèrement cogiter. Peut-être que j'ai tort d'essayer d'être moi-même avec lui, alors. Peut-être qu'il y a encore de grands principes de la vie que j'ai pas encore saisi. Peut-être qu'il m'écoute trop. Ou pas assez, et que du coup à chaque fois que je le vois j'ai envie de lui en faire le reproche en parlant de déprime. Je sais pas. Faudrait qu'on en parle tous les deux, au calme. J'avoue aussi que ça me soûle de ne jamais le voir net. A chaque fois il est soit bourré, soit défoncé. Comme c'est rarement mon cas, je suis généralement pas dans le même trip que lui et j'ai du coup tendance à me faire bien chier en soirée. ça me gave cette histoire.
Et puis mon dieu, la semaine prochaine je déménage. C'est sûr. Et je suis terrifiée. Depuis que je le sais, je supporte plus d'inviter qui que ce soit chez moi et je profite à fond de ma tanière. Au point de limite me foutre en conflit avec Benoît parce que je veux pas le faire venir chez moi. Tant pis, je fais comme je peux. Mais bon sang, j'ai peur d'habiter avec Morgane. J'ai peur de me faire dévorer tout cru, et je peux pas m'empêcher de penser que la dernière fois que j'ai vécu avec une nana, c'était ma mère et ça c'est très mal fini. J'ai peur de trop faire ma sauvage, de pas sortir de ma chambre; j'ai peur de changer de comportement avec elle, de la fuir, de l'éviter, d'essayer de me montrer que je suis moi-même je personnellement en étant agressive; j'ai peur d'avoir des sautes d'humeur qu'elle ne comprendra pas, j'ai peur que toute la communauté gothique des environs soit au courant de ma bizarrerie, j'ai peur de devoir manger avec elle, j'ai peur de ne pas être comme il faut, d'inviter des gens quand elle ne veut pas, de devoir supporter ses mecs, son bruit, ses habitudes, ses joints; j'ai peur qu'il y ait des conflits que je n'arrive pas à communiquer, j'ai peur que ça dégénère, qu'on se tape dessus, qu'il y ait de gros pétages de plomb, j'ai peur d'être insupportable en cas de crise, j'ai peur de la foutre face à ma boulimie, à mes crises de nerfs, à ma tristesse et mes prises de tête en général; j'ai peur de ne plus être moi-même un temps pour lui plaire, temps qui succédera vite à son opposé - enfin bref j'ai peur que ça se passe mal, quoi. Et en même temps, je suis convaincue que si ça se passe bien, si nos prises de têtes restent saines, exprimées, digérées, dialoguées, vivre en colocation me ferait beaucoup avancer. En même temps ce qui me rassure, c'est que quand je suis seule avec elle, j'ai pas envie de bader. On part généralement dans de grands fous rires, on dit de la merde, on se taquine, et ça c'est bien, c'est une bonne base. Sans parler du fait que notre haine à notre propriétaire nous unit un peu plus. Et elle voudrait tout décorer bien joliment, aussi. La déco, je l'avoue, c'est vraiment pas mon truc. D'abord parce que j'ai pas d'idées, ensuite parce que vivre dans un squat me dérange pas plus que ça. Mais bon, j'ai envie de la faire vivre dans un endroit qui lui plaise et où elle soit bien, alors je vais faire un effort. ça aussi, ce sera un truc positif entre nous.
Pour en revenir à Yvann, j'ai envie de dire aussi qu'en fait, il me donne envie de boire, sinon je suis pas joyeuse et j'ai rien à lui dire. Enfin, pas rien, mais... bon. Conclusion du soir: va falloir parler. Parler, discutailler, argumenter, se faire entendre, etc. Sinon, pour Morgane comme Yvann, ça n'ira pas. Et ce serait bête de se brouiller avec mon meilleur pote et ma future colocataire. (ce qui est bien aussi avec Momo, c'est que comme je suis plus âgée qu'elle, je m'en sens un peu responsable, aussi.)
