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05/03/2007 00:49 par lalignenoire

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    05/03/2007 00:49 par lalignenoire

4h 53

04/03/2007 05:06 par lalignenoire

4h 53, je suis chez Yvann et Franck.

Impossible de dormir, et j'espère que le bruit que je fais ne va pas les réveiller. Je cogite.

Yvann m'a filmée tout à l'heure en train de danser. D'habitude, les gens me disent que je danse plutôt bien, et je les crois, et d'ailleurs, ce que je vois dans mon miroir ne m'horrifie pas forcément non plus. Mais là, je me suis pris le résultat cru en pleine gueule : je suis atroce. Grosse, moche, une véritable boule ambulante. Certes, ça ne m'a pas contredit dans le fait que je me démerde sur un fond musical, mais alors le reste! est à vomir. J'ai été obligée de faire un constat terrifiant : j'ai des formes. J'aurais voulu les découper au scalpel. Je me demande comment il est possible de haïr son image à ce point, quand tout le monde me dit que je suis très bien, que j'ai du charme, de la classe, du caractère etc. J'ai toujours entendu beaucoup de compliments, c'est vrai, mais je suis incapable d'y croire. A mes yeux je reste une épouvantable morue.

C'est con, ces jours-ci ça allait un peu mieux à ce niveau là. Il y a des périodes où mon visage et mes mains ne me procurent pas un dégoût total. Bon! et bien il suffira d'attendre jusqu'à la prochaine période. J'ai toujours mes rdvs avec ma psy entre temps.

la gamine et les TCAs

03/03/2007 22:08 par lalignenoire

  • la gamine et les TCAs

    la gamine et les TCAs

    03/03/2007 22:08 par lalignenoire

Et vous autres, Adultes Français françisants
Qui avez vu cette petite fille, il y a bientôt dix ans
Cette petite chose brune et maigrelette
Que vous avez gavée Gavée
Gavée
À l'en faire gerber
Combien de fois lui a-t-on répété qu'elle ne valait rien
Combien de fois l'a-t-on forcée
À finir ses repas Insipides, bon, ça ne lui plaisait pas
À quoi bon en faire un plat?

Tous, vous avez tous ajouté votre sauce
Sans aucune pitié pour la gamine
Pour arrêter de vous faire chier, elle devait Absolument Manger

Vous mes tortionnaires, dont je ne connais ni l'avenir ni le nom
Dames de cantine, maîtresses d'école, directrices de centres aérés, et autres nanas familiales
Si vous saviez
La gamine brune et insolente, vous l'avez brisée
Vous lui avez courbé l'échine à coup de cuillérées glacées
Lentement, sous les cris, elle a plié
Et voyez aujourd'hui cette belle fille!
Vous le diriez vous même : cette chose est une réussite, et c'est grâce à nous!
Mais si je pouvais vous retrouver, je vous ferai avaler tout ce qui n'est pas passé
Mon ventre en porte encore les traces
Mon cœur en a encore les stigmates
Si vous saviez tout le mal que vous lui avez fait, tout ça pour un peu de nourriture, et des Normes à suivre enfin,
Des Valeurs Scientifiques, des principes moraux, la sacro-sainte éthique

Peut-être y avait-il des causes?
À qui le blâme?
Suis-je responsable de vos avis contradictoires?
Comme une oie VOUS m'avez gavée
Et quand j'ai été pleine à craquer, d'autres ont pris le relais
Votre façon de me communiquer votre inéluctable Pouvoir
A été de me faire manger, la seule chose que je ne pensais pas à refuser par méchanceté,
Mais juste, par satiété;
La nourriture a fait office de Punition
Quand tu ne manges pas tu nous emmerde! finis ton plat, et on en reparle!

Quoi de mieux pour détraquer un adulte
Que de foutre en l'air son enfance!
Alors voyez
Voyez
La belle fille mince, aujourd'hui elle se hait
Et elle vous vomit à la gueule
Elle régurgite tout ce qui est resté coincé
Elle aimerait vous avoir en face, chacune
Pour éclabousser vos pompes cirées de jus malodorant, à genoux devant vous
OUI, elle a plié
Non, elle ne s'est pas encore relevée
Sa seule façon de crier oscille entre vomir
Et saigner

Si seulement je savais où vous êtes, ô inconnues, je vous enverrais à chacune un sac empli de gerbe salée
C'est Cadeau, je vous l'offre
En souvenir du bon temps passé
Quand on pouvait encore faire du mal sans se prendre de giffle...

ah! je pense que ce texte là aurait pu être mieux foutu mais j'ai pas tellement l'inspiration pour refaire ce qui cloche. tant pis!...

M

01/03/2007 02:01 par lalignenoire

  • M

    M

    01/03/2007 02:01 par lalignenoire

À Mortifère
À toi mon double si secret
À toi dont je n'entends plus les pas
 
- La vie sans toi c'est étrange
Et pourtant la vie sans toi c'est plus sage

Le symptôme de mon malheur :
Mortifère,
Présente dans tous les sales quart d'heures
Tu fus le trou dans lequel on s'enlise
Le cri qui s'échappe et la rage de la crise

Ah, Mortifère!
Je te voyais si belle et si pure
Si grande et si forte
Si terrifiante et si maigre
Si décidée, mais tellement violente!…

Mortifère!
Image personnifiée de la morbidité
Tu étais ma raison de vivre
Je voyais en toi mon futur et ma mort
Ma rédemption et mon addiction
- Je goûtais tes lèvres, et je suffoquais dans ton étreinte
Sans toi je ne vivais plus
Avec toi je me tuais sans crainte
Et ma lente destruction me faisait vivre.

Mortifère…
Fantôme de mon imagination
Double terrifiant,
Je ne t'ai jamais vue
- Je t'ai frôlée, approchée
Je t'ai vue à travers moi
Dans l'infâme noyade de ma raison
- J'ai senti ton regard vicieux et perçant
J'ai senti tes mains, autour de mon cou
Et tu n'existais pas…

Mortifère
Combien de temps m'a-t-il fallu avant d'oser seulement
Prononcer ton nom…?

Mortifère
Si étroitement liée à mon ancien moi
Rien à voir, à priori, entre ces deux là
Mais pourtant tu étais là
Malheur à celui qui te croisait
Présente pour mon meurtre et mon sauvetage
Que serais-je devenue, sans toi?…
À vrai dire, je ne sais pas…

Mortifère
Tu m'as traînée plus bas que terre
Combien de crises d'angoisse, seule, chez moi
Combien de combats silencieux
- Descente vers la schizophrénie
Combien de fois n'ai-je pas reconnu mon reflet, dans le miroir, ni mes mains
Mes mains sauvages, qui attaquaient n'importe quoi, n'importe qui
Mes mains étaient à toi
Combien de fois ton visage m'a terrifiée
Et jusqu'où aurais-tu étendu ta domination,
Si le jeu avait été plus long?

Mortifère,
Création de mon esprit malsain,
Tu m'as fait espérer, tu m'as fait mourir
Aujourd'hui tu es absente
Mais je sens encore, quelques fois, l'ombre de ta présence…

un petit globe qui tourne...

25/02/2007 21:26 par lalignenoire

  • un petit globe qui tourne...

    un petit globe qui tourne...

    25/02/2007 21:26 par lalignenoire

partir

25/02/2007 21:17 par lalignenoire

20h 09
[je me calme doucement. double connerie ce soir. merde. gros coup de stress en rentrant, j'ai tout juste eu le temps de comprendre que j'allais partir en couille et tout était déjà fini.
pas voulu prendre d'anxiolitique ce soir : j'ai carburé avec pendant ces vacances, pour calmer un peu sur les somnifères. nul, nul, nul. je voudrais tellement m'en sortir d'un clin d'oeil... ]

Quand je suis défoncée, je rêve d'un monde meilleur. Une fois, j'ai imaginé un pays exclusivement réservé aux métalleux, goths et autres babs ou punk - qui seraient forcément tous des gens responsables et sans embrouilles. Chez nous, il y aurait pas eu de flics. Pas vraiment d'état non plus. On serait spécialisé dans l'exportation de super groupes de zique,  ou de tout genre d'art, danse, dessins, écriture, sculpture, etc. On vivrait en communauté et ce serait cool.

Une autre fois, j'ai rêvé de partir. Loin. Pas forcément vite. Pareil, on serait en groupe avec juste des potes cool et responsables, et puis on aurait visité tous les coins les plus reculés de la planète. Juste les endroits avec personne ou presque personne dedans, ou bien avec personne d'occidental et de "civilisé". On aurait découvert toutes les autres cultures, et la nature aussi; on aurait escaladé des montagnes, traversé la jungle, fait du bateau, voyagé à cheval, à dos de chameau, de yacks, de yéti, de lama. On aurait jamais eu de problème de fric. Et je serais jamais revenue en France. J'aurais peut-être fini par m'installer quelque part, en Afrique peut-être, ou en Asie. J'aurais élevé des vaches et des chèvres dans les montagnes, avec quelqu'un qui n'aurait jamais voulu me faire des gosses. Par exemple.

C'est pas que j'ai quelque chose contre la France vraiment. Je pense que ça aurait pu donner quelque chose de bien, même si je ne sais pas quoi.
 C'est juste que plus je constate le monde dans lequel on m'impose de vivre, et plus je suis dégoûtée. Les états occidentaux, je commence à gerber dessus. On vit tous d'une façon que je trouve parfaitement déplacée. Inutile. Complètement déconnectés de ce qu'est une vraie vie, à mes yeux. On est loin de la nature, loin des gens; il faut être mince, beau et jeune pour espérer ne pas être rejeté nul part; il ne faut pas être marginal; il faut manger trois fois par jour, bio et équilibré, il faut avoir un toit régulier au dessus de la tête pour avoir du boulot, et il faut avoir un boulot pour avoir un toit; il ne faut pas fumer de shit, ni fumer tout court, c'est bon pour notre santé. Il ne faut ni rire, ni pleurer trop fort. Dans les magazines, on nous apprend ce qui est bon pour nous. Les lois elles-mêmes s'y mettent, et suppriment peu à peu toutes les libertés qu'on a. On doit se taper un boulot plus ou moins chiant pour espérer survivre. Et quand on vieillit, on est de nouveau rejeté ou mis à part, même si on a pu accomplir de grandes choses avant. Je trouve ça infect.

Cette année, je vais voter pour la première fois. Il paraît qu'on a le choix. Ségolène, Sarkozy, Le Pen, et je sais plus qui d'autre. Sinon, c'est des petits partis, qui font rêver quand on lit leurs programmes, mais qui ne seront jamais élus. Alors quoi? Qui peut me promettre le bonheur entre ceux là? Personne. La politique ne m'a jamais paru convaincante. Demandez autour de vous : qui est satisfait du système comme il est aujourd'hui?

Peu de gens autour de moi, en tout cas. Mais qui veut changer les choses? Personne. Parce que c'est confortable et parce qu'on a certes pas le pire état de la planète. Okay, d'accord. Et puis, pour changer les choses, il faut avoir d'autres solutions à proposer. Perso je le dirais tout de suite : j'en ai pas. Je crois pas en la collectivité. Il faut toujours que quelqu'un prenne le pouvoir, et il faut toujours que des gens cherchent à se soumettre. C'est comme ça. Les Humains ont besoin de moutons et de leaders. Moi la première. Je suis un mouton. Et une tapette. Chais pas si j'oserais jamais partir d'ici, par peur de trouver pire ailleurs.

Peut-être que mon envie de partir loin n'est qu'une vile envie de fuite. Peut-être que le seul endroit où je serais mieux, serait un endroit où je ne serais pas.

mon amie la rose

24/02/2007 16:42 par lalignenoire

  • mon amie la rose

    mon amie la rose

    24/02/2007 16:42 par lalignenoire

On est bien peu de choses. Et mon amie la rose me l'a dit ce matin.
 A l'aurore je suis née, baptisée de rose.
Je me suis épanouie. Heureuse et amoureuse. Au rayon du soleil.
Je me suis fermée la nuit. Me suis reveillée vieillie.
Pourtant j'etais très belle. Oui, j'etais la plus belle. Des fleurs de ton jardin.

Ou est bien peu de choses. Et mon amie la rose me l'a dit ce matin.
Vois le dieu qui m'a faite. M'a fait courber la tête. Et je sens que je tombe. Et je sens que je tombe, mon coeur est presque nu, j'ai le pied dans la tombe.
Déjà je ne suis plus.

Tu m'admirais que hier et je serais poussière. Pour toujours demain.
On est bien peu de choses. Et mon amie la rose est morte ce matin.
La lune cette nuit, a veillé mon amie.
Moi en rêve j'ai vu, éblouissant les nuits
Son âme qui dansait. Bien-au delà du vu. Et qui me souriait.

Croit celui qui peut croire. Moi j'ai besoin d'espoir.
Sinon je ne suis rien.

On est bien peu de choses et mon amie la rose me l'a dit ce matin.
Vois le dieu qui m'a faite. M'a fait courber la tête. Et je sens que je tombe. Et je sens que je tombe, mon coeur est presque nu. J'ai le pied dans la tombe. Déjà je ne suis plus.
Tu m'admirais que hier. Et je serais poussière.
 Pour toujours demain...

skizophrenia

22/02/2007 02:17 par lalignenoire

  • skizophrenia

    skizophrenia

    22/02/2007 02:17 par lalignenoire

(4.48 psychose) 4

22/02/2007 02:15 par lalignenoire

  • (4.48 psychose) 4

    (4.48 psychose) 4

    22/02/2007 02:15 par lalignenoire

Un jour, je disparaîtrai. On ira me chercher au bout de trois mois dans mon appart. Mon corps sera une petite chose desséchée par le manque d'alimentation. Ce sera un squat autour de moi. Des bouteilles d'alcool, des mégots, de la musique éteinte et du café froid. Je serai recroquevillée en fœtus, si nue sous mes couvertures. Mes yeux seront comme deux trous béants. Voilà comment je vois ma mort. Quelque fois, c'est plus romantique. Après un long combat contre un Ennemi, je meurs dans les bras de mon Homme. Il me regarde partir, désespéré, tandis qu'il verse sa larme. Tout ça est si triste. Je suis morcelée. Je suis si inexistante. Les maladies, ça me connaît. Je suis experte en la matière, la fine lame du fleuron de l'industrie thérapeutique. Aidez moi je m'envole. Drapée de noir dans ma tombe, j'attends les vers et les crustacés. Mangez mes intérieurs, mes tripes violacées et mon cerveau jauni. Cannibales, bouffez moi. Laissez mes os blancs derrière vous, semez en le chemin jusqu'à votre cabane. Balancez les par-dessus le pont en lianes. Donnez mes os à votre chien. Il se jettera dessus, se battra avec ses congénaires pour ronger un peu plus de ma moëlle. Sera-t-il malade après? Suis à ce point un plat vomitif? Drogues et altérations de la pensée. Du cours de la pensée. Ma pensée ne reste jamais dans son cours, et pourtant tout est en place. Mais je n'existe pas! Mon vide est consternant et entier, et je me raccroche aux branches de l'arbre pour ne pas tomber, mais il a été scié du mauvais côté. Vampire, psychique. J'ai bouffé la tête de l'avorteuse.

(4.48 psychose)3

22/02/2007 02:10 par lalignenoire

Sous Florence, je n'aurais pas survécu quand même. Florence aurait inventé quelqu'un d'autre quand même. Quelle crise terrible. Je me suis défendue contre mon ennemi invisible. De dehors, j'aurais aimé voir ce que ça donnait. Le somnifère agit, je le sens. J'ai la tête qui tourne. Ça n'aura pas pris longtemps pour ce soir. Je n'ai pas beaucoup mangé.

Je ne parle pas des autres parce que je n'existe pas à leurs yeux. Ou peut-être que si, mais pas dans ma vision des choses. Je ne peux pas parler des autres quand moi je n'en fais pas partie. Homme, sauve moi. Emmène moi dans un lieu sûr, où je puisse m'épanouir et exister. Comment vivre si je ne suis pas là? Je suis si morcelée. Je n'ai pas d'identité fixe, et mon entourage n'aide pas. Je suis différente avec chaque personne, puisque je leur envoie le reflet de ce qu'ils veulent. À partir du moment où je les apprécie, mais je ne sais pas juger les autres. C'est soit blanc soit noir. J'aime, j'aime pas. Je hais, j'adore. Il n'y pas d'intermédiaire.

Libérez moi de mes chaînes. Je suis si prisonnière. Enfermé dans mon crâne, il y a un cerveau. Rempli de bourbe et d'eau salée, avec des bestioles grimpantes à l'intérieur. Où est passée mon imagination? Où est mon intuition? Tout m'a quittée et je suis ici. Je reste ici, si seule dans mon crâne. Dans mon crâne. Il y a un bourbier géant, avec un brouillard épais, une hécatombe, et une petite forme au milieu, qui est là et qui se cache. Je suis Samara la petite fille assassinée. Le petit fantôme qui rôde dans mon crâne. Sur les photos, j'ai l'air toujours tellement heureuse. Vocabulaire d'autopsie.

Je n'ai jamais essayé le scalpel. Le scalpel a servi pour m'enlever mes points, quand ils étaient trop serrés. Je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir des mauvaises pensées. Je teste chaque maladie, je saute dedans à pied joints, en espérant que ça me fasse exister. Et ça ne marche jamais. Les catholique me diraient d'essayer l'Amour. Ils ont tort : c'est la première maladie que j'ai testée. En même temps certes, que les idées suicidaires, mais enfin j'étais trop petite, et seul Dieu a subsisté. Mon complexe d'Œdipe était peut-être avec Dieu. J'allais me marier avec lui et tuer ma mère. Ça ne m'est toujours pas passé n'est-ce pas, cette dernière partie là. Je teste toujours tout pour m'y accrocher, et tout s'écroule et s'effrite sous mes pieds. Comme un bout de shit sous la flamme du briquet. Avec un peu de chance, ça sentira bon aussi chez moi; ça masquera les odeurs de mon cadavre.