dimanche, suite
14/11/2010 05:08 par lalignenoire
Bon, et pour laisser de côté mon paternel extraordinaire, voici le reste :
- à la fac, ai copiné avec demoiselle de 16 ans, que j'apprécie beaucoup, semble-t-il. Oui vraiment, elle m'inspire de la sympathie, et ça me fait peur parce que j'ai peur à la fois d'être déçue, et à la fois qu'un jour elle décide de quitter la fac, auquel cas je devrais me démerder seule avec toutes les tronches de cake qui constituent ma promo. Je l'avoue, ça n'a pas changé, hormis quelques autres personnes, je les trouve tous plus ou moins nuls, plus ou moins péteux, plus ou moins porte de prison, je ne leur porte qu'une piètre estime, ils ne m'intéressent pas franchement et ils auraient, dans l'ensemble, plutôt tendance à m'exaspérer. Bon je nuance, pas tous, c'est vrai. Mais dans l'ensemble c'est un peu ça. Les nénettes avec quinze couches de fond de teint m'insupportent, je les trouve cliché, prétentieuses, et le fait de me faire bousculer aux toilettes / prendre des coups de veste/ ignorer royalement/ de constater qu'elles n'ont pas un pet d'humour/ les voir squatter facebook à longueur de temps et poster des messages débiles dessus puis râler sur le prof, ça m'énerve. Je trouve ça d'une nullité complète, et il y a paquet de filles que j'ai envoyé dans cette case là. Quant aux mecs et bien... ça n'est pas bien mieux. Je n'ai même pas envie de m'étendre là-dessus, en fait.
- Sinon, avec Pierrick, ça va. ça fait à présent deux mois qu'on habite ensemble et curieusement, il semblerait que notre quota d'engueulades hebdomadaire ait chuté en flèche. Les seuls trucs qui m'exaspèrent sont à propos du ménage : quelques fois, j'aimerais bien que mon homme vire un peu plus maniaque quand même, parce que supporter longtemps la vaisselle sale, le linge sale, le lavabo sale etcetera, ça me botte pas trop. En fait, je me suis juste rendue à l'évidence que mon homme ne sait pas forcément tenir une maison, mais je ne désespère pas, après tout, c'est son premier appartement et ça s'apprend avec le temps. Et puis, il faut bien avouer que de mon côté, à certains moments je suis un vrai paquet de nerfs. ça d'ailleurs ce sera mon sujet suivant :
- Oui en fait je réalise ces temps-ci que ma tête, c'est constamment l'Assemblée Nationale : y a constamment du bruit. C'est à dire que je pense tout le temps à la prochaine chose à faire, et malheureusement, il y en a vraiment un paquet. Je pense aux cours, j'ai toujours des bribes de chanson dans la tête, je pense à travailler mes cours, à aller faire des choses de ci de là, aux gens à qui je n'ai répondu ni par mail ni par texto depuis une semaine, aux coups de fil que j'aimerais passer, à la paperasse qu'il me reste à faire, aux cours, à aller prendre le bus, à essayer de me reposer un peu, à passer du temps avec Pierrick, au ménage, et enfin bref, ma tête ne se trouve apparemment jamais dans un état de disponibilité vis à vis de mes interlocuteurs : j'oublie ce qu'on me dit au fur et à mesure, je démarre au quart de tour, je fais des crises de nerfs à Pierrick, suivies de crises de larmes, je me fous une pression pas possible et compagnie, alors tout à l'heure, je me suis dit que ça suffisait et qu'il fallait que j'arrête de fonctionner comme ça. Je ne sais pas bien comment y remédier, à vrai dire, mais il va bien falloir trouver parce qu'à force ça devient invivable, et puis réagir à l'instinct tout le temps je ne sais pas si c'est vraiment une bonne chose. Alors tout à l'heure, dans la salle de bains, j'essayais de trier mes pensées, de voir ce que je pouvais foutre à la poubelle et ce que je pouvais garder. J'ai constaté que beaucoup de mes pensées correspondaient à une sorte de "IL FAUT", une sorte d'injonction suprême que si je ne réalise pas dans les cinq minutes, mon existence s'écroule. Que je suis aussi très douée pour m'inventer des histoires (la dernière en date c'est que je m'imagine être enceinte, et comme j'ai un test de grossesse à effectuer pour cause de nausées récurrentes, forcément je balise) mais j'ai essayé de repousser ça parce que pour l'heure, rien n'est fait et que ça ne sert à rien de s'angoisser sans preuves. Bon ce qui est bizarre là-dedans c'est que ça me fait pas mal penser à ma période anorexique, cette histoire, parce que le fait de se foutre une grosse pression, de vouloir être dans le contrôle parfait de toutes les choses qui nous entourent, de vouloir être parfaite soi-même, bin ça m'y fait pas mal penser. Enfin, disons plutôt que ça me fait remonter à ma période hôpital aussi, où il semblerait (selon David, du moins) que j'étais dans ce mode-là, de contrôle total sur tout ce que je voulais faire et dire. Bon sang, le truc que je déteste chez moi dans ces moments-là, c'est que je ne m'entends même plus parler, je ne sais même plus ce que je dis : mon esprit est en mode moteur automatique, et je réponds plus ou moins à côté de la plaque, ou alors un truc totalement bateau à la personne qui me parle, et tout à coup je reviens et je me dis "mais quelle conne, j'étais où là??" et je déteste ça. Déjà je trouve que c'est un manque de respect pour les autres, mais en plus, pour moi-même je me dis que c'est d'une nullité complète. Bon, je veux vraiment faire des efforts là-dessus.
- Autre sujet de "préoccupation" (dirons-nous) : mes ex. Je pense à Seb et Benoît. A Seb, parce que je l'ai totalement ignoré la dernière fois que je l'ai croisé à Grenoble : je n'avais pas envie de le voir, pas envie de lui parler, je suis restée sur de mauvaises impressions sur lui (ma psy m'a confirmé que j'avais raison à ce propos) et du coup, je ne voulais pas le voir. Dernièrement, il a mis un commentaire sur ma page facebook (un commentaire à la con), et j'ai eu envie de l'effacer. En fait, je suis dégoûtée de ce qui s'est passé avec lui : on aurait pu peut-être développer une certaine amitié, échanger un peu, se donner des nouvelles de temps en temps, rester en contact, être amis peut-être, mais en fait, non. Dans toute notre histoire (et je remonte pour ça à quelques années du coup), je n'ai fait que me sentir exclue de sa vie, sa vie apparemment trépidante avec ses supers copines qui font des plaisanteries incompréhensibles dans lesquelles je n'étais pas incluse, sa vie, au final, dans laquelle ma seule place était, il faut croire, dans son lit et pas ailleurs. En fait, je compare ça avec tous les beaux discours qu'il a pu me faire, sur le fait d'évoluer, d'être heureux, et blablabla, et je me demande si le souhait qu'il semblait faire pour moi (être heureuse, aller mieux) était vraiment sincère ou totalement chiqué. Et puis même : la dernière fois qu'on s'est croisés, cet été, ça a été la même chose. Il s'est esbaubi sur ma bonne mine, sur le fait que j'avais l'air rayonnante, que j'avais l'air heureuse, que c'était trop bien que j'allais m'installer en couple et compagnie, mais j'ai envie de dire : qu'a-t-il fait pour que ça aille? En quoi ça le regarde au final? Et puis à la fin il me fait un truc du genre, mais donnons-nous des nouvelles, appelle-moi pour qu'on aille se boire un verre, tiens voilà mon numéro, et blablabla, et moi j'ai souri, pris son numéro, et je ne l'ai jamais rappelé, et il ne l'a pas fait non plus. Au fond, Seb, c'est que du vent, que de la parlotte, dans les faits, je ne sais pas vraiment ce qu'il a pu faire pour moi. D'accord, à certains moments je crois qu'il a vraiment essayé d'être là et tout mais... je sais pas. J'en garde une vraiment sale impression. En fait je trouve que s'il avait vraiment voulu qu'on reste en bons termes, il aurait pu le faire parce que moi, à priori, j'étais partante pour, mais en fait il m'a surtout fait plein de salamalecs, et puis il s'est barré à tire d'ailes à chaque fois, point barre. Alors qu'il se casse. Qu'il aille faire sa vie ailleurs, à tatatouine les oies si ça l'intéresse, et qu'il continue à séduire les filles avec ses discours mielleux et son côté "je te comprends gnagnagna". Moi je l'emmerde.
- Et pour passer à Benoît, j'ai envie de te tenir un peu le même genre de discours, mais en encore plus en colère et peiné. Idem pour Christian, d'ailleurs, bien qu'il ne soit pas un ex (dieu merci !). Par rapport à Benoît, je cogite tout : tout ce qu'on a pu faire, les soirées bourrés, la violence latente, le fait qu'il m'ait en même temps toujours protégée (à ce niveau-là, lui ça n'était pas de la parlotte...), ses potes plus ou moins tarés, nos déclarations d'amour, notre immaturité, notre nullité complète en communication, nos ruptures, nos retrouvailles, tout. Et son dernier mail, qui date à présent de plusieurs mois, mais qui m'avait tellement choquée (tu sais c'est le truc par rapport au film porno). J'ai trouvé ça d'une tristesse crasse. Un amour de quatre ans résumé par un seul mail, qui dit : reviens baiser avec moi. Quelle pitié. Quelle tristesse pour lui que de n'avoir jamais voulu changer de place. c'est con à dire mais ça me fait mal de penser que j'avais vraiment foi en nous, en ce qu'on pourrait peut-être devenir l'un pour l'autre. Je trouve ça d'une tristesse incroyable. A son propos, je ne dirai pas un truc du genre on aurait au moins pu rester amis ou quoi que ce soit parce que ça, je crois qu'on en voulait pas trop, ni l'un ni l'autre. Non, c'était mieux qu'on continue nos vies chacun de notre côté mais enfin... il aurait au moins pu évoluer quoi. Remarque, j'en sais rien : à présent il est peut-être casé et sorti des jupes de chez sa mère. Mais curieusement j'y crois pas. Pour moi, son dernier mail m'a résumé toute sa vie : se branler un lundi matin onze heure chez ses parents. Je n'arrive pas à croire qu'il y ait pu avoir un changement depuis; il avait l'air d'être dans une immobilité tellement incroyable que j'ai du mal à imaginer par quel miracle il ait pu se bouger le cul. Après tout, en quatre ans de relation, je n'ai rien réussi. Ses meilleurs potes s'y sont cassés les dents aussi. Ses parents ne semblent jamais avoir rien tenté (remarque, ça ça a peut-être changé depuis, j'en sais rien). Alors qu'a-t-il pu faire ? Commencer sa formation et puis arrêter en cours de route ? Ou pas? Se trouver une meuf? Baiser avec, se faire larguer? Pff, ça me dégoûte. Si au moins sa vie lui procurait une certaine satisfaction, je pourrais au moins me dire que c'est bien, on a rompu et il a fait sa vie avec une autre. Je pourrais d'une certaine façon être rassurée, me dire que tout est terminé pour de bon, qu'il est passé à autre chose, qu'il mène une existence qui lui plaît, qu'il avance. De cette façon là, je n'aurais plus rien à voir avec lui. Là, il y a des moments où je me demande s'il ne va pas débarquer un beau jour pour me dire qu'il veut se suicider ou un truc du genre. A mes yeux, j'ai une sorte de dette envers lui. J'ai l'impression que, parce qu'il n'est pas (ou du moins pas à ce que je sache) installé dans sa vie, il y a encore un truc qui plane entre nous. Je suis semble-t-il la seule à avoir refait ma vie après lui. Et au vu du mail qu'il m'avait envoyé, visiblement, ce truc planait aussi pas mal avec lui. Bon sang, j'ai l'impression que, tant qu'il n'aura rien fait de sa vie je serai obligée d'être en contact avec lui de temps à autre. En même temps je sais pas pourquoi je dis ça : rien ne m'y oblige.
En fait, j'aimerais bien pouvoir vraiment enterrer tout ce qu'il y a entre nous. J'ai l'impression, même dans notre façon de rompre, qu'on ne s'est jamais dit tout ce qu'il aurait fallu. Je sais pas tu vois, des trucs cons, genre lui souhaiter une bonne route, lui dire que je ne le hais pas, ou plus, lui dire que je l'ai aimé, que j'étais jeune et innocente, lui dire à quel point il a pu m'aider à une période de ma vie, que je lui en suis reconnaissante, qu'il doit avancer à présent de son côté, que je suis heureuse, que je ne l'aime plus, que tout est clair entre nous : voilà, j'aimerais bien qu'un jour on puisse se dire ça. Mais de mon côté je sais que c'est clair, mais pour lui ? Est-ce qu'il ne me balancerait pas plutôt un paquet de haine non digérée? ça serait sans doute entièrement possible, et c'est sans doute aussi pour ça que je me tiens à l'écart.
Et puis de toute façon, à quoi bon. Je ne crois pas que ça changerait quoi que ce soit : j'aurais peut-être éventuellement meilleure conscience, mais lui resterait à ruminer ses regrets dans un coin, quand je ne me les prendrais pas en pleine gueule. Je ne peux rien faire pour lui.
...
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Sur cette pensée altruiste et pleine d'avenir, je crois que je vais aller me coucher. Il est 4h du matin. Mon chaton est super câlin en ce moment : elle a passé toute la soirée sur mes jambes à quémander des câlins et est à présent appuyée sur mon épaule; elle somnole. ça fait au moins une heure qu'elle est comme ça. C'est craquant. L'ennui c'est que je n'ose même plus bouger.
dimanche 14 nov 2010
14/11/2010 04:09 par lalignenoire
Bon, il est quasi 3h du matin, je devrais dormir mais j'ai eu besoin de m'isoler un peu. J'ai à peu près 4000 trucs à dire (et comme mon stylo ne marche pas, je suis ici) :
- ai été chez mon père pendant les vacances de la Toussaint. J'en suis ressortie avec une impression d'étouffement total, qui me rend difficile à présent les contacts avec lui et avec mon frère. Cet enfermement dans lequel ils vivent m'a vraiment bouffée, et je me sens pas prête du tout à remettre le couvert pour Noël - je n'ai d'ailleurs pas vraiment eu le choix. J'avoue que même si ça s'est techniquement bien passé, j'ai été triste de constater que pour mon père, ma seule famille, c'est lui; ma mère ayant été balayée quand il a appris qu'elle ne m'appelait pas quinze fois par jour, mon copain n'étant pas de ma famille puisque nous ne sommes pas mariés (et accessoirement, que je n'ai ni maison ni pavillon ni enfant), quant au reste de ma famille, hormis mes grands parents, elle n'a pas eu l'air de compter beaucoup. Quant aux amis, c'est encore une autre histoire : ça n'existe tout simplement pas. J'avoue que j'ai été assez blessée aussi par le fait qu'il me rie au nez plus ou moins quand je lui ai dit que j'avais besoin de sortir un peu pour voir du monde et que Quoc Viet devait mal le vivre, lui aussi; triste de constater qu'il applique sa logique d'homme immigré réfugié politique à un enfant de six ans qui ne demande, lui, qu'à s'intégrer à la France; triste de voir que je n'avais pas mon mot à dire; triste de voir que je n'ai rien visité de Paris, que j'ai passé une semaine enfermée entre un appartement et une cité mal famée, triste de voir que mon frère traîne en pyjama à 15h de l'après-midi, pas prêt à voir qui que ce soit ni à sortir, triste de voir qu'il n'a aucun ami, triste de voir le clivage énorme entre l'intérieur de l'appartement (tout le monde en pyjama, tout le monde en vietnamien, son propre prénom en vietnamien, la langue vietnamienne, coutumes viet, nourriture viet, télé viet etc.; et à l'extérieur, usage du français, usage de son prénom français, culture plus ou moins française etc.) Triste aussi de voir que mon père n'a pas vraiment pensé qu'il accueillait chez lui une nénette d'environ 20 piges, qui a donc intrinsèquement besoin de sortir et de voir du monde vivre et bouger, et que ça, il n'y a pas pensé une seule seconde - c'est cette idée même qui l'a fait rire.
En fait, je suis triste de le dire parce que tout le monde considère que ce voyage a été une vraie réussite d'un point de vue familial; mais en fait, ce séjour m'a un peu fait mal, j'en ressors avec une plutôt mauvaise impression, je m'inquiète pour mon petit frère, je me sens coincée par mon père, j'angoisse de la prochaine fois où je vais devoir les contacter, de la prochaine fois où je vais devoir aller les voir, j'angoisse de comment annoncer à mon père qu'il est hors de question que je passe mes vacances entières chez lui la prochaine fois (et comment lui faire accepter que ce sera désormais le cas m'inquiète aussi; mais en même temps, l'exploit d'y rester une semaine entière me paraît IMPOSSIBLE à refaire, sachant à présent ce qui m'attend, c'est à dire, traîner en pyjama toute la journée, avoir des montées d'angoisse et compagnie). Je me demande comment je vais me démerder pour ne pas y passer un mois entier pendant les vacances d'été, à vrai dire, ça m'angoisse terriblement et par avance.
J'avoue que ce sujet me fait vraiment me sentir mal en fait. Des fois, je me demande presque si j'ai bien fait d'entrer à nouveau en contact avec mon père, si je n'aurais pas mieux fait de rester dans mon coin tranquillement. Mais... je pétais un plomb avec ma mère, alors on m'a donné un prénom vietnamien pour m'aérer un peu, et maintenant je suis en dette et je dois porter ce prénom (dieu sait comment, d'ailleurs, pour le moment c'est une vraie soupe au n'importe quoi), et mon père inclut dans ce prénom un tas de trucs bizarre, incluant des piments congelés, des grillades de poulet, un petit frère plus ou moins caractériel, une belle-mère belle et ... croyante, une culture vietnamienne remontant à 5000 ans, de grands espoirs, une langue impossible à prononcer, un système de politesse incompréhensible et j'en passe.
Tiens et à propos du Vietnam. Je dois dire que je suis parfaitement mitigée par rapport à ce pays. En fait, tout se passe comme si je devais m'y intéresser, ce qui est logique vu qu'à présent je porte un prénom vietnamien, c'est même parfaitement normal, mais pour être tout à fait honnête, et bien je n'ai pas encore statué sur le fait que ce pays m'intéresse ou non. Je ne dirais pas que j'y suis parfaitement indifférente mais... bon sang, c'est loin le Vietnam! Et toute cette famille tentaculaire qui m'attend de l'autre côté du monde me cause une frousse effroyable. Par ailleurs, le vietnamien m'a l'air tout bonnement imprononçable et impossible à retenir, d'autant plus que je fais des études à côté de ça qui requièrent à peu près 90% des capacités de mon cerveau - et encore, ce n'est pas assez à mon goût. Je n'arrive pas à m'y consacrer, je n'arrive pas à y passer du temps. Je sais que mon père adorerait, mais en fait, parler sa langue pour pouvoir être parfaitement intégrée et surtout, parfaitement ENFERMEE avec eux (lui, ma belle-mère, mon frère), j'avoue que ça ne m'intéresse pas plus que ça. Et tant que j'y suis, je trouve que mon père a tort quand il dit à Quoc Viet que je suis vietnamienne, et que lui aussi. D'abord, mon frère et moi nous sommes FRANçAIS. Nous sommes nés en France et nous disposons de la nationalité française sur nos papiers. Je trouve ça super important. Le réfugié politique, dans la famille, je suis désolée mais c'est lui, ni moi, ni mon frère. Celui qui souhaite y retourner et réformer le pays, c'est encore lui. Ni moi ni mon frère, encore une fois. Et mon frère DOIT s'intégrer à la France, bordel de dieu, quand bien même il souhaiterait aller y vivre dans vingt ans, ça lui fait tout de même quatorze ans à rester dans ce foutu pays et il a intérêt à savoir parler français avant ça. Bon sang, ça me tue. Comment peut-il ne pas s'en rendre compte?
Et il faut bien l'avouer : dans mon coeur, je ne suis pas vietnamienne. Je n'ai jamais été là-bas, je ne connais pas ma famille de là-bas, j'ai des papiers français et un prénom français sur ma carte d'identité; j'ai grandi dans la culture française, c'est elle qui m'a imprégnée pendant 23 ans et ça ne s'effacera pas comme ça, d'ailleurs, je n'ai aucune intention de l'effacer : c'est ce que je suis, un point c'est tout. Quoc Viet non plus n'est pas vietnamien, mon père ne devrait pas lui dire ça. Putain il ferait mieux de lui expliquer la situation en le regardant droit dans les yeux, lui dire d'où il vient et de quelle histoire, et puis l'envoyer jouer avec ses potes français, qui sont peut-être eux aussi descendants d'immigrés mais qui n'en sont pas moins français !!!!! Mon père se plante !!!
Et tant que j'y suis à me plaindre de mon paternel, j'ajouterai aussi qu'il me fait chier, parce qu'en me faisant rencontrer mon frère, en me répétant à quel point nous allions devoir compter l'un sur l'autre plus tard dans la vie, et se protéger, et bon dans l'histoire, c'est moi la plus âgée (nous avons plus de quinze ans de différence) donc, c'est à moi de le protéger (en clair dans le texte), il m'a inculqué un sacré sentiment de responsabilité, sentiment d'autant plus exacerbé que je constate à quel point mon frère est dans la merde, que je suis à peu près la seule à le voir et que par conséquent, je suis une des seules à pouvoir essayer quelque chose d'autre.
ruinée
29/09/2010 01:22 par lalignenoire
Voilà c'est officiel, je n'ai plus un rond. Il me reste 0.82 cts sur mon compte courant et une bonne semaine à tenir avant d'avoir un éventuel (et providentiel) virement de la CAF. D'ici là je dois payer : le bus pour aller à la fac, le train jeudi pour voir ma psy (20€), participer à un congélateur, me racheter des clopes. Je dois à peu près 75€ à Pierrick, 350 à Nuny, 400 à ma psy et environ 200 au Centre Hauquelin (soit un total de 950 environ). Merveilleux non ? ça me déprime franchement.
Et en fait pour être honnête ça fait quelques jours que je me sens pas très bien. J'ai tapé une crise à Pierrick ce week-end parce que l'appartement était moche et mal rangé (et qu'on passait trop de temps sur le pc et la play), je lui ai dit des choses affreuses que j'ai beaucoup regretté ensuite; mes soucis de câlins avec lui me tapent sur le système, je me suis sentie très coupable de ma conduite avec lui et j'ai beaucoup pleuré, hier soir il a remarqué que j'avais perdu du poids en regardant mes côtes apparaître (et vu sa tête il n'a pas trouvé ça glamour), et aujourd'hui voilà, ma carte bleue ne passe plus au supermarché, ah c'est normal je n'ai plus de thunes.
A côté de ça : pas de nouvelles du Crous, pas de nouvelles de la CAF, pas de nouvelles du propriétaire qui me doit des sous : j'ai environ 800€ dans la nature qui se baladent. Je hais les mois de septembre, putain chaque année c'est la même merde. Et avec ça : ma banquière est une conne, je me suis faite avoir par la LMDE (je crois avoir souscrit à une seconde mutuelle, c'est beau hein), GEG m'a fait don de 8€, le loyer approche à grands pas, je n'ai pas de quoi rembourser Pierrick, je n'ai pas de quoi payer à manger et d'ailleurs, plus le temps passe et plus lui non plus ne peut pas; je n'ai pas encore d'abonnement à la SIBRA (la TAG d'Annecy), SFR m'a prélevé 47€ dieu sait pourquoi, bref, j'ai le sentiment que tous les organismes se servent dans mon compte sans que j'aie plus rien à dire, et surtout, plus rien à manger. A côté de ça, j'ai aussi l'impression de crever la dalle dans l'indifférence générale, dans le sens où le CROUS s'en torche de ma vie (en même temps, je leur ai rendu les papiers ultra tard alors, est-ce que je peux me plaindre ? Le débat philosophique est ouvert) et où c'est aussi la seule aide avec les APL qui me soit accordée parce que je suis jeune et que je n'aime pas gratter l'Etat, en fait je me sens dépendante, profondément dépendante et prisonnière du "système". J'ai tout fait bien comme il faut bien comme tout le monde, j'ai un grand appartement avec un balcon avec une gazinière avec un frigo et une machine à laver, j'ai l'électricité et internet, un téléphone portable (que j'ai envie de résilier) et un appareil photo numérique, et au final, tous ces "biens" me pompent ma thune et me rendent incapable de me démerder en autonomie complète. Je pense souvent à la remarque de Delphine et Yann, comme quoi ils vont bientôt réintégrer leur camion parce que les frais d'un appartement, ça va bien cinq minutes, et je me dis qu'ils ont en fait totalement raison. Payer un loyer est une vraie plaie, et ça me force aussi à mettre toujours plus d'argent quelque part. Parce qu'avec le loyer il y a l'assurance habitation (11€ par mois), l'électricité (on ne pourrait pas avoir des éoliennes ou des panneaux ? Un truc qu'on aurait pas à payer ??), l'eau chaude (j'avoue que j'adore ça), avec la banque il y a la carte bleue (3€ par mois), les frais d'utilisation d'autres DAB (0.9€ à chaque fois), et cette conne de banquière - bon sang j'ai envie d'aller émigrer dans un autre pays, ou encore d'appeler cette pétasse de banquière et lui dire de bloquer tous les prélèvements automatiques auxquels j'ai souscrit. Mais j'ai un peu peur de faire ça et de me prendre un procès par des avocats avec la patte super graissée.
Et putain, cette éternelle bataille pour avoir de la maille me fatigue. Tout me fatigue en ce moment, en fait, et ça m'énerve parce que je passe mon temps à fondre en larmes, inconsolable, dans les bras de Pierrick. Je me sens terriblement à fleur de peau ces temps-ci... Un coup c'est le problème des câlins, puis les gens de la fac qui me prennent la tête (oui parce que la semaine dernière c'était l'intégration et le bizutage, j'ai pas mal flippé), puis les sous, puis tous ces emmerdeurs de vampire de mes fesses qui me pompent mon compte, et puis cette bouffe qui coûte si cher, et le train que je me retrouve forcée de prendre toutes les deux semaines environ, et Pierrick qui mange deux fois comme moi, et je me sens à la fois vide et terrifiée, et je me sens vraiment pas le courage d'appeler la CAF, d'appeler le propriétaire, d'appeler SFR pour leur demander des explications, d'appeler ma banque pour leur dire de se torcher avec leur contrat de merde (oui parce qu'ils veulent que je souscrive à ché pas quoi et que je leur file encore 20€, ce qui est hors de question), merde courir après les sous je n'y arrive pas, ça me fait peur et je ne sais pas argumenter dessus ! Et je me pose aussi la question du trajet en train jusqu'à Paris (80€ au bas mot), et je voudrais résilier mon contrat chez SFR sauf que je suis engagée pour 1 an, insulter le propriétaire sauf qu'il a légalement le droit à un délai de 60 jours pour me rendre ma caution (400€), délai qui n'est pas encore écoulé, bon après je peux aussi "changer ma perception des choses", comme dirait le Manuel d'Epictète que j'avais lu au lycée, et me dire que tout ça c'est que des sous, que je m'en branle, ils finiront bien par arriver un jour ou l'autre !
well i know karate, voodoo too, i'm gonna make myself available to you...
22/09/2010 16:03 par lalignenoire
Fond sonore, Tom Waits. Je vais à priori pas rester longtemps parce que j'ai envie de me reposer.
- Suis entrée à la fac de l'IMUS, Annecy-le-Vieux, Haute Savoie. Profs ne m'ont pas fait une super impression.
- Gamberge face aux autres élèves : suis-je anormale ou inadaptée ? J'ai peur de les juger trop vite, mais pour l'heure, je ne les trouve ni intéressants ni drôles. En fait, j'ai envie de les fuir. Je voudrais rencontrer encore d'autres gens, parce que nous n'avons pas encore dépassé le stade de la conversation mondaine avec qui que ce soit. En fait, je me suis vraiment fait chier quoi. Et ça m'ennuie de dire ça, ça me fait me sentir un peu comme une grosse mijaurée pas contente de son sort. Enfin, c'est juste que je les trouve tous aussi évaporés les uns que les autres. Ou je sais pas, quoi. Sans doute le fait qu'ils ne soient peut-être pas les plus motivés du monde y joue. Pour être honnête, j'ai envie d'aller aborder tous ceux qui sont pour l'heure encore solitaires et avec un air de "je suis marginal et compte le rester". C'est à dire, d'après ce que j'ai vu, deux personnes. Une grande fille brune et un garçon avec du vert sur lui. Je me dis qu'eux, peut-être, sûrement, ils auront plus de choses à raconter que les autres. Bon sang, ce matin je me suis prise à me passionner pour l'étude de sacs à dos "à bandoulière, pour mettre l'ordinateur dedans, mais j'arrive pas à en trouver un comme je veux". Bon, je veux bien, mais là où j'ai été vraiment catastrophée c'est que quand je me suis dit "allez ma vieille, fait un effort et intéresse-toi à ce qu'il dit avant de passer pour une coincée asociale", et bien ça a eu l'air de marcher. Au fond, je crois que, plus que la recherche de sac à dos en elle-même (tout le monde a le droit de s'intéresser à son futur sac à dos), c'est plutôt le sérieux avec lequel le sujet a été abordé qui m'a sidérée. Enfin, je ne sais pas. Pour moi, une recherche sur internet de sac à dos, on peut en parler : 1) entre meufs ou 2) à des inconnus, d'accord, mais si sérieusement?? Et de la part d'un mec ??? Merde, et quand j'essaie de faire de l'humour (il paraît que c'est efficace pour se faire des amis), une fois sur deux c'est un bide complet. Je sais pas quoi, j'essaie de faire de l'humour sur les profs, sur l'amphi, sur les recherches qu'on a à faire pour demain, mais rien n'est drôle. Peut-être que mon humour personnel est trop lié à des mots de vocabulaire qui me semblent amusants, ou peut-être ne suis-je tout simplement pas drôle du tout pour eux. Mais c'est con parce qu'après je me marre toute seule (ou pas). Et d'autres fois, je dis quelque chose tout à trac et j'ai tout à coup trois personnes qui se tournent vers moi en riant.
Je n'ai pas encore compris toutes les arcanes de la vie étudiante. Je dois dire que mes potes me manquent. Eux au moins, quand je veux faire de l'humour ils me comprennent. Enfin, avec Yvann, Morgane et avec mon homme, je crois qu'on a vraiment le même genre d'humour et de délire. Il faut croire que je m'y étais trop habituée?? Soupir. J'ai régulièrement l'impression de passer pour une conne, aussi. D'une part parce que des fois j'ai du mal à comprendre des choses apparemment bateau (et je vire donc à la bécasse de service molle du bulbe). Et d'autre part parce que je m'enthousiasme pour les cours qu'on a. Genre "oh, on a histoire de l'art cette après-midi, ça va être trop intéressant !" "ou pas !" me répond-on. Bon. Alors ce ne sera pas intéressant. Les conférences sur l'art contemporain ne sont pas intéressantes non plus (les tracts ont été jetés à la poubelle impitoyablement). Les sacs à dos sont intéressants (car on va sur des sites de sac à dos avant le début du cours). Les séries télé aussi, on peut même les réciter par coeur. Les voisins qui baisent aussi puisqu'on en parle pendant les pauses.
Cran Gevrier
15/09/2010 00:29 par lalignenoire
Mon dieu, quelle journée. Quelles journées, plutôt. A multiples rebondissements :
- Coup de nerf et pétage de plomb ce matin because levée tôt/fatigue/petit coup de travers de la part de la mère de mon cher et tendre (disons qu'elle a oublié de nous prévenir qu'on aurait pu se lever deux heures plus tard)
- Vu adorable Nuny, qui en cinq minutes, m'a remonté le moral, parlé de sa fille, filé un chèque de 350€ (omg)
- Passée au Crous, où j'ai appris ce que je devais faire avec eux
- Vu Bastrenta (pas envie de détailler, mais c'était bien)
- Soirée + aprème avec Pierrick et sa maman. J'ai dormi dans la voiture non-stop; ensuite on a tout déchargé et on a été manger au resto. Soirée très agréable, me suis sentie réconciliée avec mum de Pierrick; et puis resto très bon aussi. Hâte d'inviter Nuny ici
- Joué à la playstation ac Pierrick tout à l'heure. Suis nulle, ou presque. J'arrive pas à retenir quel bouton fait quoi et pourquoi, alors je galère. Tendance à pas comprendre intérêt de playstation, sincèrement. Je préfèrerais faire la cuisine (vivement que j'ai une gauffrière)
- Chaton posé derrière moi genre "j'attends des câlins". Pierrick est allé se poser dans la chambre, alors je vais pas tarder. Reçu message de Tanoh, qui m'énerve un peu. Enfin, j'ai pas envie de m'énerver. Mais honnêtement, après tout ce qu'on a pu se dire... enfin, je pensais qu'elle ferait un petit effort par rapport à moi. Pourtant ses messages sont laconiques et peu détaillés. Son dernier truc (une phrase sans ponctuation, ni bonjour, ni au revoir...) m'annonce qu'elle est à présent vendeuse à casino + deux trois détails. Elle ne me demande pas si ça va... rien. Je sais pas trop comment le prendre, d'autant plus qu'elle a mit en statut récemment "cherche gens pour faire la fête". Je sais pas si je dois rire ou pleurer, en fait. Je veux dire, j'étais là pendant six ou neuf mois et quand m'a-t-elle appelé? Et elle m'avait pas dit que les soirées dépravées c'était plus son truc? Pourquoi marquer qu'elle recherche des personnes rigolotes pour s'éclater ? Elle les avait pas sous la main, avant? Pourquoi elle en a pas profité alors ? Bon je la trouve un peu bizarre, la Tanoh. Et je suis stupéfaite de constater la totalité de son enfermement avec son mec. Non mais franchement, on dirait juste que, non seulement elle n'a plus de vie sociale, mais en plus elle n'en recherche pas vraiment, ou ne sait pas comment faire. C'est triste. C'est vraiment triste pour elle. Et qu'en plus de ça, hormis son mec, elle n'a pas l'air d'être seulement encore capable de penser à autre chose. Enfin je l'interprète comme ça.
Et en plus de ça, je me dis : à quoi ça sert qu'on ait parlé???
Mais je dois être négative, c'est le soir et je suis fatiguée. Je vais aller rejoindre Pierrick. J'aimerais bien poser mon esprit et ne plus avoir peur de nos câlins, ça m'handicape à force. Et puis, j'ai régulièrement l'impression de penser n'importe quoi.
Chez Pierrick suite
10/08/2010 02:01 par lalignenoire
Bon il est tard et je n'ai pas envie de rester des lustres ici, juste me débarrasser de ce qui me trottine dans la tête. Listons :
- Déménagement et trucs à faire inombrables. Ce qui implique : cartons, date pour une soirée avec tous mes potes, m'étais aussi mise en tête d'offrir des cadeaux à tout le monde : Nuny, Bastrenta, Arielle, Mme Perthuisot, Doris la mère à Pierrick; plus prévenir et chercher des bras et des voitures pour la date fatidique, ensuite il y aura les deux états des lieux à faire; aller à la banque demain pour m'occuper de ces histoires d'assurance, chèque et virement, engueuler Edith parce que je n'ai pas de nouvelles d'elle depuis Noël, dire au revoir à tout le monde correctement, m'organiser pour mes vacances, remettre en état mon apparte avant de le rendre (ce qui implique des courses pour trouver un bout de robinet), fêter l'anniversaire de Morgane en bonne et due forme (d'ailleurs, si je pouvais lui trouver un cadeau ça me plairait bien), faire éventuellement cette soirée dont je parle à tout le monde sans avoir aucune idée de quoi faire, où etc., et je crois que j'en oublie encore; ah oui, régler Pole emploi, faire mes transferts de dossier Sécu et Caf, payer 30€ à la poste pour faire suivre mon courrier, déclarer mon changement d'adresse, partir en vacances, m'occuper de mes traitements divers que je ne fais pas (ketoderm et homéopathie), rassembler les sous pour partir en vacances...
Je sais pas comment je vais me démerder, ni si tout cela est vraiment réaliste, en l'espace d'un mois et demi. J'en ai parlé un peu tout à l'heure à Pierrick et il m'a dit que je me montais trop la tête (en gros), que pour mes histoires de cadeaux et d'au revoir il fallait que j'arrête de flipper, on part à 2h d'ici à tout casser et c'est pas comme si j'allais revoir personne, j'ai le temps de tout ce que je veux. Je crois qu'il a raison; je crois que je suis aussi dangereusement capable de me mettre des trucs sur la tête et de m'angoisser terriblement pour les faire.
En conséquence, je devrais voir les choses autrement : dans l'immédiat, je ne dois qu'aller à la banque. Le Pôle emploi va attendre, ma colère contre Anne va attendre, ma colère contre Edtih, à priori, aussi. Il faudrait vraiment que j'arrive à me décharger un peu de tout ce que je pense avoir à faire, Morgane n'arrête pas de me le répéter! En même temps (bon là ça va mieux, mais c'est un peu un truc qui me traîne dessus en ce moment), il y a régulièrement des moments où je vire totalement débordée, et ce que je regrette dans ces périodes c'est de n'être pas épaulée par ma mère et mon père. Et encore, pour cette année, je n'ai pas à me plaindre, je suis en contact avec mon père et il compatit, et ma mère m'a accompagnée au Pôle emploi et même faire des visites d'appartement, une première. C'est bien mieux qu'il y a quatre ans, pour sûr, où je me suis tout tapé intégralement seule. Non en fait, ce qui me rend malheureuse c'est que, outre le fait que je me dis que j'ai beaucoup de choses à faire et que ça me stresse, ces mêmes choses me semblent me couper de mes potes. En effet, pour essayer d'être le plus efficace possible les jours "paperasse" ne sont pas des jours où je vois du monde, et donc forcément, niveau solitude et compagnie c'est pas le must.
Bon la conclusion c'est qu'il faut que je destresse et que je revoie, probablement, mes exigences à la baisse. L'ennui, c'est que je n'arrive pas à considérer la moindre des choses pré-citées comme accessoire. Par exemple, les cadeaux. Voilà qui me stresse mais qui me semble aussi tout à fait obligatoire : je n'arrive pas à m'imaginer quitter Grenoble sans avoir offert de petites choses à ces personnes qui m'ont tant aidée ici. Et comme je n'arrive pas non plus à m'imaginer offrir une simple boîte de chocolat, je vois les choses en grand et j'imagine des peintures fantastiques, sauf que ce sont des choses qui me prennent un temps extraordinaire, et en plus de ça le résultat n'est jamais garanti. Stress supplémentaire.
Je suis probablement trop exigeante, mais ce qui m'ennuie aussi, c'est que ça m'envahit vraiment. Regarde, même pour le programme de demain, je stresse. Je suis censée aller à la banque, c'est ma seule obligation de la journée. Pierrick, chez qui j'habite en ce moment, va aussi probablement avoir une visite de sa soeur Mara dans la journée, et le soir il a une soirée poker. Et moi, je stresse : qu'est-ce que je vais faire dans la journée ? (j'ai peur de rester seule chez lui alors qu'il brasse à droite à gauche) Qu'est-ce que je vais faire dans la soirée ? Ajoute à ça le fait qu'il y a des chances pour que Morgane accompagne Pierrick à sa soirée, et tu peux mettre aussi une bonne dose de jalousie, parce que moi le poker c'est pas forcément mon truc, et encore moins quand il y a du vrai argent en jeu. Et donc, j'angoisse. J'aimerais bien aussi me débarrasser de ma colère vis à vis d'Anne et d'Edith. J'en veux à Anne d'être partie en vacances innocemment, et de m'avoir laissée dans la merde totale, sans contrat, sans attestation assedic à présenter au pole emploi, alors qu'elle n'ignorait pas que j'allais faire une demande d'allocs. En même temps là où j'ai été conne, c'est que je le lui ai pas rappelé non plus, je pensais que ça irait... et j'ai eu largement tort. Bref, je suis un peu en colère. Et pour en venir à Edith, je me tâte à l'appeler et à lui dire un peu tout ce que je pense, comme quoi je suis déçue de lui avoir envoyé une lettre de trois pages il y a quelques mois déjà sans aucun retour, et que j'avais proposé d'aller la voir pendant l'été. Cette dernière proposition n'a eu aucune réponse. Edith a essayé de m'appeler une fois, on s'est ratées, elle a dit qu'elle rappellerait, et j'ai ensuite appris qu'elle était partie en vacances en Espagne. Et elle n'a jamais rappelé, bien sûr (c'était il y a déjà un mois, ou deux ?)
Merde. J'aimerais bien me passer aussi de ce sentiment lagouttien d'être constamement prise pour une conne ! Je n'arrive pas bien à comprendre pourquoi je me sens aussi régulièrement agressée par l'extérieur, je voudrais bien savoir comment je pourrais prendre du recul pour ne pas me laisser bouffer par des choses de peu d'importance. Enfin en même temps, il y a quelques années c'était largement pire. Quelque part, je me demande si ça n'est pas encore la "question du Désir" dont avait parlé Bastrenta il y a bien longtemps. Cette même question qui me faisait hésiter sans fin, incapable de m'imposer, de savoir ce que je voulais, ce dont j'avais besoin réellement, ce qui me fait plaisir : je pense à la réaction des autres, au final, et je paralyse. Quelque part, c'est exactement ce qui se passe maintenant non ? Je suis face aux choix que j'ai fait : faire une demande d'alloc, reprendre contact avec ma tante, quitter Grenoble, reprendre des études, et si l'exécution pure et plate de ces faits ne m'a pas posé problème, les réactions chez les autres que ça a ou va causer, elles, me désespèrent. Au fond, dans ces trois situations il y a une sorte de désaccord avec lequel je me heurte. La demande d'alloc : la meuf est un gardienne de prison qui admet ouvertement que sa parole n'a aucune valeur; Anne s'est comportée comme la mauvaise cheffe que j'ai parfois eue. Ma tante : j'ai fait ce que j'ai pu et je suis face à un silence décoiffant. Mon départ de Grenoble : et bien, il est différent de la routine, voilà. Par rapport aux autres, au fond, je cherche la bonne façon de partir, de dire au revoir, de faire plaisir, d'être certaine de partir en bons termes avec tout le monde et d'avoir remercié chacun à sa juste valeur. J'ai imaginé qu'une grande beuverie ferait plaisir à chacun de nous, et c'est ce que j'ai commencé à imaginer, mais à présent j'ai peur : peur que ça tombe au mauvais moment, c'est à dire, en plein mois d'août, peur d'avoir vu trop grand (inviter une trentaine de personnes c'est peut-être un peu illusoire), peur que ça ne soit pas ce que les gens attendent, au final; peur que la soirée soit nulle, soit chiante, sans ambiance
Au fond, en ce moment, ce qui m'angoisse, c'est qu'en plus d'avoir masse de choses à faire, je m'aperçois que mon intérêt vient plus ou moins contrecarrer celui d'autres personnes (Anne ou Edith), ou du moins, ne fera pas l'unanimité (pour la soirée) et ça me terrifie. Ou plutôt, je n'arrive pas à me sentir sûre de moi-même et de mes choix... au point de les confronter à d'autres. C'est sans doute ça qui me stresse autant. Au fond, on pourrait dire que cette année, c'est la première fois que je fais de véritables choix, qui peuvent changer ma vie et blablabla, et la façon de le gérer en société m'est, en fait, totalement inconnue : je ne sais pas quoi faire. Je voudrais faire au mieux, mais ce "mieux" que j'imagine est apparemment quasi impossible à réaliser. Pour la soirée, je vais sans doute être bien incapable de prévenir les gens deux semaines à l'avance comme j'aurais souhaité le faire (en fait, j'ignore totalement dans quelle ville je vais vivre dans deux semaines, alors prévoir une grande fête, tu penses...) et cela m'ennuie beaucoup. Pour Anne, j'aurais aimé avoir mes attestations sans avoir à la déranger, ce qui, visiblement, n'aurait pas été possible, vu que le dérangement aurait eu lieu tôt ou tard, l'idée ne lui étant pas venue du tout. Pour Edith, je voudrais bien qu'elle reste en contact avec moi et me montre un quelconque signe d'intérêt : comme ça n'arrive pas, je suis très vexée, mais en même temps, j'ai peur qu'elle m'en veuille si je lui fais des reproches.
Mais voilà : je ne peux pas prévoir une soirée deux semaines à l'avance en ce moment. Je ne peux pas ne pas déranger Anne car j'ai besoin d'argent. Je ne peux pas ne pas déranger Edith car je n'aime pas son attitude envers moi (que j'interprète comme du mépris total).
En conclusion, ce que je vais faire ne va pas me plaire, car il ne m'aura pas semblé, en l'accomplissant, que c'était la voie de l'harmonie, où tout le monde va me sourire et être heureux avec moi (je crois que ce serait mon idéal de vie en fait). En conclusion, c'est cette état de "désaccord" qui me fait stresser. En conclusion, ce qui m'apparaissait comme un problème de stress et d'irritabilité est en fait un problème de communication.
Vendredi 6 août 2010
06/08/2010 02:17 par lalignenoire
1h27, chez Pierrick.
On était couchés et ça a commencé a pas trop aller pour moi. Au fond ces temps-ci j'arrête pas, et c'est pas demain et après-demain que ça va s'améliorer. Il y a en cours : la mise en place du futur appartement (dans une autre ville, histoire de compliquer un peu les choses et de dépenser un peu plus de thunes aussi), les visites de mon apparte actuel (ça ne me stressait pas trop avant que le propriétaire ne m'annonce que je suis bien mignonne [en mini-short] mais là j'avoue que ça y est, le stressomètre a repris du niveau), le problème avec le pole emploi qui ne veut pas me verser de thunes, ce qui se répercute sur la caf, ce qui se répercute sur ma perception des petits employeurs, et notamment, de ma dernière patronne, contre qui je n'arrive pas à m'empêcher de fulminer (elle, est en vacances à l'autre bout du monde, et la petite conne qui rame pour avoir ses allocs parce qu'elle n'a pas respecté le code du travail, c'est moi); avec ça il y a donc, conséquemment, un budget franchement serré pour le mois d'août et des vacances plutôt compromises si je ne touche rien de supplémentaire, d'où questionnement : est-ce que j'appelle mes grands parents pour qu'ils m'avancent, disons,200€ pour partir en vacances, que je leur rendrai après? J'avoue que j'aime pas trop cette perspective, parce qu'ils me filent déjà 200€ par mois pour payer mon loyer, et me dire que le total versé pour ma gueule en un mois puisse être de 400€ m'épouvante un peu. Bref, je ne sais pas quoi faire et j'ai un besoin urgent de vacances.
En plus de quoi, demain et samedi je suis censée aller nourrir le chat de ma mère. En soi c'est pas bien grave mais là où ça m'emmerde c'est que d'une, c'est à chaï, et de deux, c'est à Teisseire et les nouveaux dealers qui squattent la tour je ne les connais pas et je n'aime pas du tout la façon dont ils regardent le monde (moi incluse). En plus de ça, je suis toujours supposée faire mon tri à l'apparte de ma mère (et hop, un autre chantier en cours), sauf que ça demande du temps, et que putain, au fond, tout ce dont j'ai envie en ce moment c'est de vraies vacances, pas forcément à tatouine les oies mais au moins de pouvoir débrancher le portable un peu, arrêter de courrir d'une chose urgente à une autre, faire la grasse matinée, n'être préoccupée par rien du tout etc.
J'avoue aussi que pour ce soir c'est un peu le craquage en fait, et ça me fait chier parce que j'ai passé une soirée toute mignonne avec Pierrick, on s'est fait des fajitas et on a regardé la fin de la Panthère rose, et puis on est allés se coucher, c'est là que j'ai commencé à me sentir pas top alors j'ai essayé de parler un peu. Sauf que Pierrick dormait déjà à moitié et qu'il m'a dit un truc du genre, c'est ça, c'est le moment pour se reposer, et qu'ensuite je lui ai demandé si je pouvais avoir un calin et là... il a ronflé. Super quoi.
Bref pour récapituler mes ennuis et mes trucs à faire il y a donc : le pole emploi, la caf, le dossier pour la bourse qui m'inquiète encore un peu (tant que j'aurai pas eu l'assurance d'être boursière l'année prochaine je serai pas tranquille je crois), le nouvel apparte, le proprio de merde que j'ai actuellement et que je suis obligée de me coltiner à chacune des visites; le chat de ma mère, T'eisseire, le tri chez ma mère (on va essayer de faire d'une pierre deux coups éventuellement, mais ça me fait chier parce que ça fait trois jours que je me dis "je vais appeler morgane" et trois jours que d'autres choses m'appellent et que je le fais pas); ensuite il y aura bien entendu le déménagement (putain...), les deux états des lieux à faire; et ensuite, par pitié je pars en vacances, mais avec dieu sait quelles thunes ! et j'oubliais aussi mon ordinateur toujours HS, et le fait que j'ai pas encore répondu au dernier mail de mon père, et qu'il est 1H42 du matin etc. Bon et ce qui est triste à dire c'est que pour à peu près tout ça je ne me sens pas forcément beaucoup aidée ou soutenue; enfin Pierrick m'accompagne à Teisseire et va m'accompagner pour les visites, mais le pole emploi c'est mon problème, la caf aussi, ma cheffe aussi, la bourse aussi, l'état des lieux de sortie de mon apparte aussi; et au final je crois que c'est toutes ces choses qui me font me sentir profondément seule. Je n'arrive qu'à voir Pierrick, semble-t-il, au milieu de toute cette paperasse et de toute cette merde, mais mes potes dont j'aimerais bien profiter un peu avant de partir ont des emplois du temps différents du mien et forcément, on a du mal à se choper. Il y a une bête affreuse sur l'écran. Genre blatte jaune, on en mangerait. Bref qu'est-ce que je disais. Oui ça me fait me sentir un peu seule tous ces trucs. J'ai l'impression qu'il y a personne qui les partage avec moi, ou je sais pas, qui m'encourage un peu; bien sûr mon entourage souhaite mon bonheur et tout, mais enfin... je me sens bien seule et bien désarmée, et surtout, bien fatiguée de tout ça. Au fond c'est tout de même moche, personne n'a le temps pour partager un peu mes trucs. Yvann bosse et déprime, Morgane, oui Morgane a le temps mais Morgane colle un peu aussi, Tanoh vit dans deux villes à la fois, Charlotte est partie en vacances, Delphine pouponne à plein temps apparemment, Marc travaille aussi, Yvan est à Paris, mon père aussi, ma mère partie en vacances, mes tantes aussi, Marie est encore en Martinique, bon sang tous ces enfoirés ils peuvent avoir des vacances!! et moi dans tout ça je fais quoi ? Je me tue à la tâche, je me bats avec le pole emploi, je laisse aller Pierrick signer le bail seul, je dis au proprio que j'ai un cancer et vraiment pas de temps à lui consacrer, j'habite chez ma mère pendant trois jours pour finir ce putain de tri et je me casse à l'autre bout de la France ???
Putain de merde!!! vivement le 20 août, date à laquelle je suis censée aménager dans l'apparte. Après ça, avec Pierrick, on se tire. (mais tu vois, même mes vacances me posent problème car vois-tu, je ne sais pas qui va garder mon chat).
mouais mouais mouais
22/07/2010 14:06 par lalignenoire
Allons, je continue la longue litanie des écrits solitaires et non lus sur ce blog. Je me sens tout à fait dépérir sans ordinateur, pour être honnête. Listons :
- Comme dit plus haut, je n'ai plus de pc, parce que le câble d'alimentation n'a plus franchement de quoi se brancher sur le-dit pc. Suis donc plus ou moins en cours de recherche pour faire réparer ce foutu ordinateur et/ou en racheter un, sachant que je n'ai pas les sous. ça me rappelle que tant que je suis au cyber café ce serait pas mal de voir aussi : la bourse, et ce magasin informatique qu'on m'a conseillé récemment (à Seyssinet pariset, mais je ne sais plus le nom du truc).
- Recherche d'apparte en cours avec Pierrick. Avons visité cinq appartes au total depuis la semaine dernière et déposé deux dossiers hier pour un T4 et un T2 qui m'a absolument fascinée (Pierrick a préféré le T4). Pour être tout à fait honnête, je dois dire que les agences immobilières d'Annecy ne m'inspirent aucune confiance, je crois que les habitants de cette ville de bourge sont sélectionnés dans l'oeuf, c'est à dire que s'ils sont trop pauvres ils ne peuvent tout simplement pas venir se loger ici. Je commence aussi à craindre que ce soit ce qui nous arrive, avec Pierrick. On ne m'avait jamais demandé autant de paperasse, de documents et de justificatifs; j'ai envie de les détester tous (et dans les ténèbres les lier). Qu'ils aillent tous brûler en enfer pour leur méchanceté, leur méfiance, leurs insinuations coquines, le pouvoir qu'ils se permettent de prendre et leur ton fouineur. (Pierrick, quant à lui, avec son irrémédiable optimisme, a trouvé la dernière agence plutôt sympa).
- Contrat aux Antennes fini, et je brasse en fait tellement que je n'ai pas encore vraiment eu le temps de m'en apercevoir. A vrai dire, je lutte pour me faire une grasse matinée par semaine depuis environ deux semaines, bien que je sois partie deux fois en week-end (mais il a fallu se lever tôt pour le train etc.) Et ça va probablement continuer comme ça jusqu'à ce qu'on ait trouvé l'appartement, d'ailleurs ça m'arrangerait que ce soit bientôt parce que ça me stresse pas mal, ces nombreux allers-retours à Annecy qu'on se fait avec Pierrick, et le fait que l'échéance du 31 août arrive et la question fatidique : où est-ce que je vais poser mes meubles, mon chat et mes affaires?? Ok, Pierrrick a l'air plutôt prêt à m'accueillir chez lui avec armes et bagages, mais enfin ça me rassurerait si ces parents étaient au courant.
- Quoi d'autre. Je suis en train de monter le dossier de paperasse sans doute le plus long que j'ai eu à réaliser depuis le début de toute ma courte vie. En effet, les Assedic-Anpe ont décidé de royalement me faire chier, puisqu'ils me demandent toutes les dates de mes emplois passés depuis quatre ans, ainsi que leurs salaires bruts etc. Ils m'emmerdent, merde!!! Du coup ça fait des semaines que je suis en train de me battre pour rassembler toutes les pièces à conviction et que j'ai envie de brûler les agences Pole Emploi devant lesquelles je passe. Avec ça, j'ai un peu peur qu'on m'accuse de vouloir me réinscrire au Pôle Emploi rien que pour toucher des sous, puisque je vais être étudiante à partir de septembre. Ce serait tout à fait exact, mais j'ai pas envie qu'on le sache, pour ne pas avoir d'ennuis. Il paraît que je vais avoir un rdv obligatoire pour ma réinscription en tant que chômeuse, et même si Pierrick m'a quasi dit mot pour mot tout ce que je devais leur sortir (que je cherche un emploi de journaliste à Grenoble et à Annecy au moins pour l'été) et même si je me dis que ça pourrait même m'aider à me faire des contacts supplémentaires sur place, je flippe. Et puis ça me gave car je n'arrive pas à boucler ce dossier : d'abord il a fallu noter consciencieusement toutes les dates de tous mes foutus emplois depuis quatre ans. Puis recenser ce qu'il me fallait en attestations ASSEDIC et en certificat de travail, puis contacter les deux boîtes dont je n'avais pas les pièces, que j'attends encore. Puis j'ai réalisé qu'on pouvait aussi faire ça par internet, et comme j'étais chez Pierrick à ce moment là (vu que mon pc a lâché), je n'avais pas toutes les pièces qu'il fallait. Ensuite, ici je suis venue dans l'espoir de boucler enfin ce dossier de merde, sauf qu'ils me demandent aussi les dates de mes "autres périodes", c'est à dire, quand est-ce que j'ai été en formation (d'ailleurs, est-ce que je dois leur dire que j'ai été étudiante pendant deux ans ou pas?), en arrêt maladie et compagnie, et bien entendu, je n'ai pas les dates sur moi, je devrais donc continuer ça plus tard.
- Cette après-midi je vois Bruno, qui déprime sec parce que c'est aujourd'hui l'anniversaire de sa petite fille, qu'il ne voit pas et dont il ne sait même pas si c'est lui le père. Heureusement que Morgane semble avoir voulu prendre les choses en main, parce que très sincèrement, ma motivation a réparer une situation devant laquelle il ne semble pas s'être beaucoup battu est assez faible. Enfin je l'aime bien, mais je dois dire qu'en ce moment : je n'ai pas envie qu'on m'emmerde avec des trucs qui auraient pu être réglés autrement, ou il y a longtemps, ou je sais pas quoi : au fond, je suis sans doute très concentrée en ce moment pour ne pas me faire "parasiter", je n'ai pas envie de couler avec qui que ce soit et j'essaie de faire en sorte que ce message soit bien clair pour tous.
- je voulais dire sinon que je suis en pleine osmose avec Morgane et que je trouve cette fille absolument géniale. Je me suis fait une réflexion hier, comme quoi au final, les gens qui avaient erré ou zoné un peu à droite à gauche, sans être forcément attachés à un lieu spécifique, se débrouillaient mieux, avaient une meilleure capacité d'analyse que les autres et, parfois aussi, un meilleur rebondissement. Bon c'est sûr, cette observation n'est fondée que sur l'observation de mon entourage : Yvann, Morgane, Pierrick, Delphine et moi avons, me semble-t-il, pas mal zoné; nous n'étions pas tenus d'être à 20h pétantes chez notre mère pour le dîner et malgré nos périodes difficiles, je trouve que nous nous en sortons bien mieux que Benoît, Bruno et peut-être Tanoh aussi. Quelque part, je me demande s'il n'y a pas une meilleure gamberge de notre côté, même si je n'ai pas envie non plus de me lancer dans des jugements de valeurs sur tout le monde et n'importe qui (mais on pourrait élargir aussi cette observation à Charlotte, Marie et tout, sans vouloir être méchante).
- Angoisse pour l'apparte mais ça, je l'ai déjà dit
- Compte me réinscrire à la bibliothèque municipale en tant que chômeuse, pour n'avoir rien à payer. A la réflexion, je vais peut-être pas pouvoir parce que mon justificatif de domicile est un papier de la CAF m'annonçant que ma situation a changé et qu'il vont contacter mon Pole emploi pour vérifier. Bon, je sais pas.
- je suis pressée et curieuse de reprendre les cours à la fac. Je me demande si je logerai dans un mobile home ou dans un bungalow à la date du 20 septembre; nous avons évoqué cette éventualité avec Pierrick
- En ce moment je lis et relis des bouquins où l'héroïne est une femme d'exception. Je me rends compte que j'aime mes bouquins quand il y a : une part de romance et une part d'aventure, même si ça relève plutôt du "voyage intérieur". Enfin, si je regarde mes bouquins préférés, il y a donc quasi toute la série des Angélique, une femme qui se bat pour être femme et pour aimer un homme libre; l'Art de la joie, histoire d'une femme qui se bat pour être libre de tous, libre du sexisme ambiant, des normes pré-établies, du fascisme de l'époque, libre des hommes qui veulent l'asservir, libre de ses enfants aussi, libre de ses propriétés et de son argent; il y a encore La jeune fille et les clones : même si c'est totalement futuriste et science fiction, c'est exactement le même topo : l'héroïne cherche d'abord à élucider des mystères de son époque, à comprendre la société dans laquelle elle vit, puis elle lutte pour l'homme qu'elle s'est plus ou moins choisi, puis elle finit par conclure (je résume) que l'idéal que sa société lui promeut n'est pas le sien; il y a encore Orgueil et préjugés que j'ai dévoré tout récemment : une jeune fille cherche à se libérer de ses à priori sur un homme, mais aussi du poids de sa famille et des convenances sociales; et même si on peut trouver à l'histoire un poids traditionnel non négligeable (elle finit tout de même par se marier très sagement), moi je trouve cette histoire plutôt originale, au vu du contexte représenté.
- J'écris très vite parce que je me rends compte que ça fait déjà 1H30 que je suis là, et que je n'ai pas fini mes trucs, mais en même temps, le fait d'avoir un clavier chez moi me manque terriblement, je n'arrive pas à écrire les mêmes choses sur une feuille de papier que sur un ordinateur
- demain je repars à Annecy avec le train de 7h23 du matin, pour aller déposer la fin du dossier à l'agence immobilière. Ensuite, je retourne en courant à la gare, je pousse le train pour qu'il aille plus vite, j'arrive au plus tôt à Grenoble, je passe chez moi en courant, j'attrape mon implant contraceptif et je cours me faire "opérer" à l'hôpital de la Tronche. Ensuite, je crois que je débranche le portable et que je dors toute l'après-midi, avec le bouquin que je compte aller emprunter cette après-midi, si bien sûr mon inscription fonctionne.
Antennes 2
14/06/2010 14:58 par lalignenoire
Oh mon dieu ! Je suis tout à coup si fatiguée que j'ai l'impression que je vais tomber sur place, ou vomir de fatigue. Plus que deux heures à tenir (et deux jours).
Antennes
14/06/2010 14:14 par lalignenoire
Bon, j'avoue, je suis au boulot (et pas en horaire de pause) mais je suis prise d'un petit coup de démotivation. En fait, ce sont mes derniers jours ici. Ou plutôt, mon quasi dernier jour. Cette aprème, il faut que je finisse de m'occuper de l'agenda, plus deux trois bricoles à faire sur le site mais à part ça, j'ai pas le temps de me lancer dans quoi que ce soit de vraiment faramineux. J'ai donc une formidable envie de glander.
En plus de ça, demain je suis de questionnaire : ça me dégoûte un peu (ou carrément) de passer mes derniers jours ici à interroger les gens sur leur chien et leur poisson rouge mais bon. et ce, d'autant plus que je vais pas spécialement le faire en charmante compagnie. Enfin disons que je n'ai pas une estime particulière pour ma collègue stagiaire, même si elle est pas méchante.
Tout ça pour conclure que j'ai pas bien envie de me fouler aujourd'hui.
J'ai un peu le cafard que ça s'arrête, ce boulot ici m'aura propulsée en avant, botté le cul, ouvert les yeux et les oreilles à des tas de trucs, amélioré mes compétences en communication (et tout particulièrement, en communication professionnelle), m'aura totalement décoincée niveau timidité (ou disons que là aussi, j'ai probablement bondi en avant), m'aura fait sortir de ma bulle "le monde est moche, les politiques sont tous des connards" etc. Je crois que ça va me faire tout drôle d'arrêter (je pense même que je vais avoir la larme à l'oeil, j'espère que ça ne durera pas trop longtemps). Moi qui hier me demandais comment j'allais caser travail, changement de prénom, ménage chez ma mère, déménagement/recherche d'apparte avec Pierrick, tout à coup je me dis quel vide ! qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de mon été ??
La réponse idéale serait sans doute "ne rien faire, se reposer", mais j'ai comme l'impression d'en avoir été parfaitement incapable depuis neuf mois : j'ai plutôt peur de déprimer comme un phoque et de m'ennuyer ferme. Enfin bon, on verra.
