aujourd'hui
04/06/2007 20:25 par lalignenoire
Aujourd'hui, partiel de textes scientifiques. ça s'est plutôt bien passé, je trouve, surtout si on considère le fait que j'ai rien révisé du tout. Mais c'est pas ça qui a été intéressant dans la journée, à vrai dire, le partiel, je m'en fous - je vais redoubler.
Il y a des jours comme ça où je pars squatter le cimetière du coin. c'est calme, c'est beau, c'est triste, et j'ai des souvenirs agréables de là-bas, au temps où Johanna était toujours à Grenoble. Et au temps où on allait se picher la gueule sur le mur qui le borde, en pleine nuit, avec B. C'était bien. Depuis que j'ai été hospitalisée, j'ai associé le cimetière et l'hôpital: c'est près et ça a la même ambiance.
J'aurais pu aller au cimetière aujourd'hui, mais je suis allée à l'hosto. Y aller, pour moi, c'est toujours beaucoup plus éprouvant que d'aller au cimetière. Mes morts à moi ne sont pas enterrés; ils sont toujours en moi. J'ai foncé direct au 3ème B, la section médecine légale, là où j'étais. L'idée de base était de dire bonjour aux infirmier(e)s qui ont aidé quand j'y étais et de parler un moment si je trouvais une bonne âme qui avait envie d'avoir de mes nouvelles. Ma psy m'a dit une fois que je les avais tous traumatisés là-bas, mais qu'en même temps, la plupart m'aimaient bien. On oubliera juste les médecins chefs colériques (pourquoi elle marche pied nus cette demoiselle?non mais qu'est-ce que vous avez à hurler comme ça?) et les aides soignantes qui parlaient dans mon dos (cette fille là elle s'en sortira jamais, moi je le sais), ainsi que les patient(e)s qui m'ont fait des misères parce qu'ils aimaient pas ma tronche. Dans l'ensemble, j'avais plutôt de bonnes relations avec le personnel soignant.
Aujourd'hui, je suis tombée sur Carmen et David. Carmen était Tchèque, ou Russe, ou Polonaise, elle était interne. Je pensais pas qu'elle y serait encore, d'habitude les stages des internes duraient six mois à tout casser. Bref, c'est sur elle que je tombe en arrivant. Un sourire. Elle me demande comment ça va, me dit que j'ai bonne mine. J'essaie d'engager la conversation, ça ne sert à rien, ses 5 minutes de temps à m'accorder sont écoulées, elle brasse ses papiers et ne lève pas la tête si j'ouvre la bouche. Tant pis, j'attends. L'office infirmier est fermé, pas la peine de frapper quelqu'un finira bien par sortir et je ne suis pas pressée. J'entends des voix, reconnaît celle de David et celle de Rose. Rose était aide soignante elle aussi, je crois qu'elle était Martiniquaise et c'était sans doute ma préférée parmi les aides soignantes. Beaucoup d'autres étaient des peaux de vache, mais pas elle. Toujours prête à nous faire un chocolat chaud ou à nous refiler des compotes en pleine nuit. C'était cool de se faire chouchouter par elle.
Mais je suis surtout contente quand j'entends la voix de David. David, c'était mon grand préféré, avec Joseph, le patriarche du lieu. David était sans doute le seul à cerner les gens aussi bien, et le seul à être autant concerné par l'état de ses patients. Kelly me l'avait dit le jour où j'étais arrivée : lui, c'était un bon infirmier. Moi il me faisait peur. Ses questions étaient toujours très directes et pouvaient aussi faire très mal. Je suppose qu'avec le temps il peut mieux doser. Pour vous tracer un portrait rapide, il a 35 balais, est marié, Sicilien, très brun, et papa depuis peu (un fils. J'aime pas les enfants mais j'ai été contente pour lui quand je l'ai su). Il a aussi été le seul à rester 2h de suite avec moi un jour de très grosse crise, et ça je peux vous dire que c'est formidable. Etre infirmier, c'est un peu comme être serveur, les gens sonnent dès qu'ils ont un problème, il faut les servir, les cajoler, les calmer, le téléphone sonne tout le temps aussi, il faut toujours courir partout, médicaments, bandages, bordel, et sans jamais agresser personne. Va savoir comment ils arrivent à faire ça. Je pensais pas qu'il m'accorderait autant de temps aujourd'hui, mais on a tout de même fini par papoter un peu plus d'une demi heure. Sachant que je ne suis pas hospitalisée, c'était sympa de sa part.
Je pensais que ça aurait changé, mais en fait, une fois face à lui, je me suis tout de suite retrouvée en position de patiente, et lui de soignant. Ou plutôt comme une sorte de tonton, voilà, c'est un peu comme ça que je le vois.
C'est lui qui mène le jeu, comme toujours aussi. On s'était à peine dit bonjour qu'il me traine dans cette saloperie de salle d'entretien et que hop, c'est parti. ah, cette salle d'entretien de l'hosto. Qu'est-ce que j'ai pu la haïr. Tant de temps passé là, soit seule, soit avec un ou une infirmière, n'importe qui, Amandine, Marie, Joseph, David, et les autres dont je me rappelle pas le nom, et des internes, et des psys, la mienne, celle du service, l'autre du service, la stagiaire, etc. Bref une salle épouvantable et c'est là que j'atterris, sans avoir compris ce qui se passait. C'était tellement familier d'être là. S'ensuit une discussion en règle, sur tous les points divers et variés de ma vie : la fac (ça te plaît?), mes potes (tu sais, les gens qui vont bien peuvent te comprendre aussi), les amours (là c'est privé), mes projets d'avenir (ou l'absence de projets d'avenirs), ma mère (ça fait longtemps que tu l'as pas vue), mon père (on verra plus tard), mon changement de prénom (bin alors, c'est toujours pas fait?), ma façon d'envisager les études de psycho (bien sûr, disait-il. comment veux tu te placer du côté du professionel qui soigne alors que tu es en plein dedans du côté patient?), sur la scarification (fais moi voir tes bras. fais voir je te dis. je veux savoir si y a besoin de désinfecter tout ça. Il inspecte. Qu'est-ce que t'as chez toi pour nettoyer?), puis on passe aux sujets encore plus glissants : la nourriture, les idées suicidaires et les conneries récentes, et aussi la question : pourquoi t'es venue ici? à vrai dire j'en sais rien, j'en avais juste envie. "Piqûre de rappel", dit-il. Ouais. On pourrait dire ça. Il a un grand sourire quand il parle de son fils. Ah, ça change, dit-il. ça change beaucoup, mais c'est bien. Il me dit ce que tout le monde essaye de me faire comprendre, qu'on peut pas tout maîtriser, que c'est pas bon de chercher à le faire. Je demande des nouvelles de Kelly. Il en a. Elle a pas réussi son CAP, c'est dommage. Mais elle s'était trouvé un mec stable et sérieux, et ça c'était bien. Sauf que la fois suivante où elle est repassée leur dire bonjour, ça allait mal avec lui et elle recommençait à vomir. Zut. J'aurais préféré apprendre qu'elle allait bien, parfaitement bien, et que la boulimie c'était totalement over. Bin non. Je sais pas si ce genre de choses peut être totalement over, quand on le reste longtemps.
Et puis il me demande à quelle fréquence je vomis, à peu près. Lui me trouve plus maigre que la dernière fois qu'on s'est vus. C'était il y a un an, à peu près. Il s'inquiète pour ma santé. ça me fait toujours bizarre quand un adulte me fait ce coup là, de s'inquiéter pour moi, de regarder si j'ai froid, chaud, si j'ai mangé aujourd'hui, si je flotte dans mes pantalons, si j'ai les cheveux ternes ou pas, etc. Nuny ne semble jamais vraiment s'inquiéter, mais Ariel (mon éducatrice) et lui oui. Il suffit que je tousse au téléphone et Ariel me dit que je couve quelque chose et qu'il faut que j'aille voir un médecin. ça me chamboule toujours. J'ai du mal à comprendre ce que ça peut leur faire, que je tousse ou que je sois maigre, mais putain, c'est agréable, de voir qu'il y a quelqu'un qui regarde si mon corps est toujours en état de marche. Moi à propos de la boulimie je m'inquiète pas trop, je sais que je le fais pas énormément et que je peux arrêter pendant des périodes données (quand il y a pas d'élément perturbateur et que je suis de bonne humeur il est pas question de crise), alors je lui demande à partir de combien de fois par semaine ou par jour ça devient dangereux. Il répond pas. C'est pas ça le problème pour lui, et vu l'air qu'il a en me regardant, il me trouve une sale mine. Moi j'arrive pas à comprendre qu'il me trouve plus maigre qu'avant puisque je fais toujours le même poids. A quelques variations près. Et puis il insiste, il voudrait que j'aille faire des analyses de sang. Vraiment. Il trouve que j'ai "décollé". Je connaissais pas cette expression, mais quand il le dit j'entends "fondu". Comment peut-il penser ça? pour moi je fais toujours le même gabarit. Ce sera l'énigme de la journée. Et puis il part. Il doit retourner bosser, ça fait déjà un petit moment qu'on parle et d'autres ont besoin de lui. Je lui ai demandé de passer le bonjour à Marie, Amandine et Joseph. Il se marre. Les deux premières se sont barrées, elles travaillent plus ici. Ah, merde. Bon, bin à Joseph, alors. J'aimais vraiment bien Joseph aussi. Sans doute le seul être humain capable de détecter des traces de sang sur un bras à la lumière d'une mini lampe de poche, sur quelqu'un qui dort roulé en boule dans le noir. hum! si je le revois je pourrais vous écrire un chapitre sur lui aussi lol.
Et puis quand je suis repartie j'avais les larmes aux yeux. Mine de rien, je m'en suis pris plein la tronche, pas méchamment ni rien, dans le bon sens de la chose. Sauf que ça fait mal quand même. Demain j'ai 3 partiels à rattraper, et je sais même plus ce que c'est, comme matière. David avait déjà son idée toute tracée de mes projets de vie: aller mieux. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a dit : parce que quand ce sera le cas, tu verras tout différemment. Ouais. Quelque part, je me dis qu'il a raison.
Guérir de l'anorexie:
Voici les différentes étapes qui mènent à retrouver une alimentation normale :
1) Réintroduire progressivement des aliments consistants. Si au début il est difficile et douloureux de manger des aliments "solides", commence par remanger des éléments liquides tels yaourts et soupe...puis introduis peu à peu des aliments plus solides.
2) Arrêter de se peser. La pesée sabote les tentatives d'améliorer son alimentation. Elle est souvent utilisée pour restreindre davantage son apport alimentaire ou donne un feu vert à l'épisode boulimique. Il est préférable de se concentrer à mieux s'alimenter en dépit des fluctuations de poids incontournables dans le processus de réadaptation nutritionnelle. Il faut se rappeler que la personne qui souffre d'un trouble de l'alimentation se trouve dans un état plus ou moins sévère de déshydratation et qu'un changement modeste dans sa prise alimentaire peut entraîner une rétention d'eau avant de retrouver une hydratation normale.
3) Déterminer un horaire de prises alimentaires. Au début de la normalisation des comportements alimentaires, il est important de déterminer d'abord quand s'effectuera chaque prise alimentaire. Les sensations de faim ou de satiété n'étant pas fiables, il faut s'en remettre à un signal externe et c'est l'horloge! Si le nombre de prises alimentaires se limite à deux fois par jour pour le moment, il faut travailler à ce qu'elles soient consommées à des heures régulières comme si c'était une ordonnance de médicaments.
4) Augmenter la fréquence de la prise alimentaire à 5 ou 6 fois par jour. Au cours de la réadaptation nutritionnelle, la sensation précoce d'être plein en début de repas est une sensation associée à un état de sous-alimentation et fait obstacle à la normalisation des comportements alimentaires. Obéir à cette sensation d'être plein en cessant de manger maintient la restriction alimentaire. Pour remédier à ce cercle vicieux, il est recommandé d'augmenter la fréquence de la prise alimentaire. Manger une petite quantité d'aliments mais plus souvent au cours de la journée augmente l'apport énergétique quotidien sans subir trop d'inconfort. Éventuellement, il devient possible de manger confortablement un repas normal.
5) Augmenter l'apport énergétique en choisissant d'abord des aliments "sécuritaires" puis, graduellement, introduire les aliments "interdits" dans le passé. Une alimentation non-restrictive est une alimentation pour laquelle aucun pouvoir est accordé aux aliments. Un objectif de la réadaptation nutritionnelle est de réintroduire tous les aliments. Si certains aliments sont associés à la boulimie, il est important de les réintroduire graduellement, à un moment opportun et dans un environnement sécuritaire, afin de dissiper le pouvoir qu'on leur attribue. Un exemple d'environnement sécuritaire peut être lors d'un souper entre amis.
6) Manger des portions standardisées. S'il est permis de manger une variété d'aliments, la difficulté peut résider dans la capacité à se permettre une quantité adéquate. Le fractionnement des portions est un comportement restrictif. S'il est difficile de reconnaître une portion normale, il est préférable de faire l'achat d'aliments en portion individuelle. Dans l'apprentissage des portions normales, on peut aussi se référer à ce que mange une personne qui n'est pas à la diète.
7) Éliminer les aliments "minceur et o%". La consommation de ce type d'aliments confirme que l'on donne du pouvoir aux aliments. Ces produits n'ont pas leur place pour développer une attitude saine vis-à-vis l'alimentation.
8) Tenter de se distraire après la prise alimentaire. Manger est certainement un acte très angoissant pour la personne souffrant d'un trouble de l'alimentation. Pour éventuellement surpasser cette anxiété, il est important de manger dans un environnement calme et propice, en l'occurence, assise à la table de cuisine ou de la salle à dîner. Après le repas, il est préférable de quitter la pièce et de se donner à une activité relaxante en fonction de ses intérêts personnels.
Guérir de la boulimie :
1 - Crois en toi!!! Pour se sentir en confiance, il faut se reconnaître le droit d’exister. Ose dire qui tu es, affiche tes idées, crois en toi!!!
2 - L’excès de perfectionnisme. La perfection c’est une qualité mais au degré le plus élevé, elle est pernicieuse... Etre perfectionniste, c’est aller jusqu’au bout des choses, dans tous les domaines, c’est toujours "assurer". C’est une qualité qui demande de la rigueur, de la méthode, de la maîtrise. L’excès de perfectionnisme entraîne souvent stress et fatigue. Ne sois donc pas en constante recherche de mieux, reconnais-toi le droit de faire "bien", et non nécessairement "mieux".
3 - Le "lâcher prise". Le " lâcher prise " aide à la détente. Il te conduira au bien-être, au repos du corps et de l’esprit. Ne sois donc pas trop exigente envers les autres et toi-même.
4 - Aime toi. Accepte-toi telle que tu es. Pour s’accepter, il faut s’aimer. Pour s’aimer, il ne faut pas vouloir être quelqu’un d’autre. Ne sois pas si rigide avec toi-même. Personne n’est parfait ! Diminuer peu à peu tes crises de boulimie t' aidera à avoir moins honte de toi et à moins te dégoûter.
5 - Honte et culpabilité. Le manque de confiance en toi est à l’origine de ta boulimie. C’est lui encore qui provoque honte et culpabilité : à t' entendre, tu serais incapable de t'en sortir. C’est un piège, car cette pensée négative te conduit tout droit à la nouvelle crise. Il faut te débarrasser de cette honte : tu n’es pas coupable, tu es malade!
6 - Aie confiance. La guérison est longue et difficile. Il est normal que tu n’y parviennes pas tout de suite et que tu rechutes. Le chemin de guérison est un sentier escarpé, semé d'embuches...N'aie pas peur: tu tomberas quelquefois, tu t'arrêteras parfois, mais tu avanceras! Il faut te fixer de petits objectifs à court terme. Une crise de moins aujourd’hui, un vomissement de moins demain, c’est aussi un pas vers la guérison.
7 - Conseils nutritionnels
Pour sortir de la boulimie, tu dois manger à chacun des trois repas. Tu ne dois surtout pas sauter de repas, sinon, tu auras faim, et tu "craqueras"... Il te faut retrouver un équilibre alimentaire, indispensable à la guérison. Fais-toi aider pour cela par un médecin nutritionniste.
8 - Désocialisation et isolement . Tes crises te perdent : avec tout ce que tu engouffres avec elles (temps, argent, amis…) tu en perds tes repères. En t' isolant, tu ne feras qu’accentuer la maladie. Aller de l’avant, c’est aller vers les autres.
Tu as besoin d’aide : les autres sont là pour te l’apporter, tout comme les autres ont aussi besoin de toi. Ne baisse jamais les bras. Même un échec peut être constructif.
www.bouliana.com/site/guerirdesTCA.htm
La boulimie :
La boulimie apparaît en général vers l'âge de 18 ans. La jeune femme conservant un poids normal grâce aux subterfuges comme les laxatifs, coupe-faim, diurétiques, vomissements, périodes de jeûne, exercices physiques intensifs... La boulimie consiste en des épisodes de compulsion alimentaire (crises), au cours desquels la personne mange une très grande quantité de nourriture de manière incontrôlée. Ensuite, elle utilise des moyens pour éliminer l'excès de calories ingérées, en se faisant vomir, en utilisant des laxatifs ou des diurétiques, en faisant de l'exercice physique ou en s'imposant des restrictions alimentaires de type anorexique. Les préoccupations concernant le corps, la minceur, sont omniprésentes et obsédantes. La peur phobique de grossir est liée à une image du corps altérée. La personne boulimique perçoit la minceur comme la solution à tous ses problèmes d'adaptation. Les crises boulimiques peuvent causer un sentiment angoissant de perte de contrôle. Les vomissements, qui permettent de maigrir tout en mangeant, sont renforcés par l'illusion d'une maîtrise de soi retrouvée. Il existe deux types de boulimie, avec ou sans vomissement.
La boulimique, des signes d'alerte qui ne trompent pas:
· Elle se lève constamment de table et disparaît pendant quelques minutes
· Elle va systématiquement aux toilettes ou dans la salle de bain après chaque repas
· Elle achète des quantités de nourriture qui disparaissent rapidement.
· Elle a de très nombreuses caries dues à l'acidité de ses vomissements
· Elle a une enflure au niveau de la mâchoire et des joues.
La boulimie et l'anorexie sont deux troubles que l'on peut associer et qui peuvent alterner chez certaines personnes mais qui sont fondamentalement différents.
L'anorexie :
L'anorexique est horrifiée à l'idée de prendre du poids. Tous les moyens sont bons pour maigrir: compter les calories, faire du sport à l'excès... Capable de se mettre à la diète, elle peut perdre jusqu'à 30 % de son poids, elle s'isole et devient extrêmement irritable, voire dépressive. Quand on lui fait remarquer qu'elle a maigri, elle se masque la vérité en disant qu'elle est simplement un peu fatiguée... --> L'anorexie mentale c'est la volonté de restreindre son alimentation et de perdre du poids alors qu'on est déjà mince, voire maigre. L'anorexie se traduit par un amaigrissement, un refus de manger et une aménorrhée (interruption des règles). L'anorexique manifeste, malgré un état de dénutrition, une grande activité physique et intellectuelle, un refus de la fatigue, un certain état d'excitation. En ne mangeant pas, l'anorexique organise et contrôle un vide qu'elle situe au niveau corporel afin de se défendre d'un vide au niveau psychique. L'anorexique se trouve toujours trop grosse et son désir éperdu de minceur la pousse à réduire de plus en plus son apport alimentaire...mettant en danger sa propre existence.
L'anorexique, des signes d'alerte qui ne trompent pas:
· Elle trouve toujours de bonnes excuses pour ne pas s'alimenter : "Je viens juste de manger avec un copain !" ou tout simplement "je n'ai pas faim".
· A table, elle se sert des portions minimes de nourriture.
· Elle se vante très souvent de ne manger que des aliments "sûrs" comme les pommes et rejette tout aliment gras comme le saucisson.
Il existe deux formes d'anorexie :
L'anorexie restrictive est la plus dangereuse, surtout quand elle se complique d'une dénutrition grave pouvant mener au décès (10 à 15 % des cas). L'amaigrissement est très rapide.
L'anorexie-boulimie entraîne une dénutrition moins sévère mais les vomissements accentuent les manques en calcium et en potassium. La personne, se pliant à une restriction alimentaire anormale, "craque" comme poussée par une pulsion irrépréssible et mange sans contrôle. Ensuite, assaillie par la culpabilité, elle se fait vomir pour éviter la prise de poids. Je tiens à préciser qu'on peut aussi mourir à cause de la boulimie, vomir entraîne des carences en potassium, le truc qui fait battre le coeur...
Mourir. C'est peut-être comme aller se coucher après une longue journée. Peut-être comme souffler une bougie. Avec un peu plus de casse et de douleur que ça, sûrement. Je me disais l'autre jour que le seul "refrain" qu'il y a dans ma vie, c'est la mort. Le suicide, pour être plus précise. Le premier contact que j'ai eu avec ça, c'est quand j'ai découvert ces traces bizarres sur le poignet gauche de ma mère. J'étais en primaire. Puis, le comptable de la maison d'enfance où j'allais tous les mercredis s'est jeté par la fenêtre, laissant derrière lui femme et enfants. Ma mère ne m'a rien caché, là non plus. J'ai même su qu'il avait tout planifié, qu'il avait écrit une lettre, qu'il avait tout fait son boulot en prenant le plus d'avance possible pour que la directrice du centre aéré ait le temps de se retourner. Il est mort le jour de la fête du travail : ma mère a dit que c'était pas un hasard, qu'il l'avait choisi exprès. je me demande bien qu'est-ce qui lui permettait de dire ça, elle le connaissait pas tellement pourtant. Toujours en primaire, suite à des embrouilles avec des petites pestes de mon âge, c'est de moi que le suicide se rapproche. Je trouve pas de solution pour éviter une certaine pouffiasse et j'ai envie de me noyer. Je trouve ma rédemption en croyant en Dieu très fort et en embauchant une copine pour casser la gueule à la pouffiasse. Moi j'y arrivais pas. Collège, plus aucun rapport de près ou de loin avec la mort, je fuis les films d'horreur comme de la peste et écraser un cafard me fout des frissons dans le dos. Finis, les moments de silence où je regarde dans le vide, à chercher ce que peut être le grand néant intersidéral, à chercher ce qu'on peut ressentir quand on est dans un cercueil, je crois en la vie et je veux surtout être comme tout le monde. Joyeuse, superficielle et insouciante.
Lycée, ça recommence. En seconde, une de mes potes a envie de crever. Je fais ce que je peux pour elle. En terminale c'est mon tour, je me mets à bouffer du suicide au petit déjeuner. Je vois la mort de partout, mon double me dit de m'autodétruire jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des cendres de mon sale corps graisseux, ma mère n'entend rien à ma douleur, sauf le bruit de ma tête qui cogne les murs à 3h du matin, j'ai peu d'amis proches. La même qui me disait qu'elle voulait mourir il y a deux ans me dit finalement que le suicide est quelque chose de très égoïste et que c'est une pure connerie, ma prof de philo nous dit un matin que si on est tous là aujourd'hui, c'est parce qu'on a choisi de rester vivants cette nuit ("qu'est-ce qu'elle en sait?" me suis-je dit), ma prof de littérature nous fait étudier des textes tous plus morbides les uns que les autres, mon meilleur pote ne se sent pas bien non plus et on flippe parfois beaucoup l'un pour l'autre. Je vois ma mort partout, sous les voitures qui passent, les trams, les bus, les ombres sur les murs, les montagnes à l'horizon. Seule chez moi, je me demande toujours pourquoi ne pas le faire maintenant, quand j'ai un couteau ou n'importe quoi entre les mains, plutôt que me le planter dans les bras ou les jambes, je m'interroge sur pourquoi pas la carrotide? En désespoir de cause, j'entame une thérapie.
Quelques mois plus tard, ça va un peu mieux mais je vire schizo. Sans m'en rendre compte, je cours toujours vers ma mort. Il faut détruire Alice, il faut la tuer pour renaître de ses cendres. Je ne me sens pourtant absolument pas d'envies suicidaires, mais je le pratique toujours, semaines après semaines, je m'en rapproche encore. J'habite à ce moment là seule dans une petite chambre de bonne, et quand je dois retourner chez ma mère, c'est pire. Non je n'ai pas envie de mourir vraiment, mais la fenêtre de ma chambre est une tentation quotidienne, je regarde constamment en bas, j'ai l'impression d'y être poussée, qu'elle cherche à m'aspirer de toutes ces forces.
La situation s'améliore quand je pars de chez ma mère et que je me fais hospitaliser - je n'ai pas de toit, je déclare à la psy des urgences que je suis prête à aller vivre dans un cimetière, et je ne vais pas bien dans l'ensemble. Petite période de rémission pendant l'hospitalisation, et on repart dans la spirale une fois que je suis installée chez moi.
Je commence d'abord par ne plus manger, fantasmant de crever dans mon lit tranquillement, réduite à l'état de squelette humain, puis comme je n'y arrive pas, je me jette à corps perdu dans la scarification. Jamais, consciemment, je n'ai envie de mourir. Etrange non? mais Mortifère rôde toujours dans le coin de ma tête, je n'en ai presque jamais parlé à qui que ce soit tellement elle est intégrée à mon fonctionnement, mais je me sacrifie pour elle, toujours. Ma façon de me couper devient horriblement violente, je vise les veines, je m'incite à aller toujours plus fort, tout en étant complètement paniquée par les conséquences que ça peut avoir. C'est juste que je peux pas m'en empêcher. Je ne le réalise pas vraiment non plus, d'ailleurs. Je me coupe avec tout ce que j'ai sous la main, cutters, ciseaux, couteaux éplucheurs, mais rien n'est pire que la révélation bout de verre. Evidemment, je finis par me renvoyer à l'hosto, pour 5 points de suture. Je panique tellement cette nuit là que je demande à être de nouveau hospitalisée, seulement 2 mois après être sortie de la première hospitalisation. Je réalise là qu'il y a un gros problème avec la scarification et que Mortifère en fait partie. Et surtout, le pire à avaler : que j'ai basé mes espoirs de vie sur ma mort. Alors j'essaie de combattre mon double comme je peux. A ce propos, je crois que je n'ai jamais su qui a gagné. Mieux vaut ne pas y penser. Penser à elle la fait revenir. Passons. Je suis complètement accro à mes coupures, et en être privée à l'hosto me rend complètement dingue. J'y pense constamment, je prends le réflexe de guetter tout ce qui peut couper sur mon chemin. Et je trouve toujours le moyen de me faire quelque chose. En explosant des étagères dans une salle de bain, je me fais une coupure monstrueuse, sur l'intérieur de l'avant bras. Je n'aime pas montrer mes bras parce qu'en voyant la balafre, j'ai tout l'air d'avoir voulu crever, et pourtant c'était pas le cas non plus. Quelques mois plus tard, ma psy me dit que même si j'en avais pas vraiment l'intention, c'était du "passage à l'acte" suicidaire quand même. J'avoue que ça me perturbe toujours, de penser qu'inconsciemment, je suis passée à l'acte.
Et puis cette année, plusieurs périodes où j'ai eu envie de crever, de nouveau. A chaque fois que ça arrive, je me pose la même question: est-ce que je vais en sortir vivante, cette fois? J'étais prête à mourir, l'autre soir. J'avais jamais surdosé sur les somnifères, avant. Je veux pas dire combien j'en ai pris parce que c'est pas la question, mais je me sentais presque sereine à l'idée de mourir. Je me suis réveillée 2 fois, plus de douze heures après, et j'ai été dégoûtée de constater que j'étais toujours là. Ma seule idée en émergeant, a été de recommencer. Je suppose que je vais me faire engueuler par ma psy, la prochaine fois que je la verrai. Tant pis. Je vous prie de m'excuser aussi, si ce texte vous fait de la peine. Je me demande juste comment ça va se finir, toute cette histoire... en tout cas pour ce soir rassurez vous, je suis là, et j'ai pas suffisamment la mort pour vouloir crever. Je me demande aussi toujours quand est-ce que ça va finir.
vivre. pourquoi faire? moi j'ai envie de crever aujourd'hui. je me vois pas d'avenir, pas de futur, pas de courage pour se battre. aujourd'hui j'en ai marre de tout. j'ai pas de raison de me lever le matin, ni d'aller se coucher le soir. pas de raison d'essayer de garder le moral. pas de raison de manger, pas de raison pour quoi que ce soit. je suis seule et j'en ai marre. je suis en vie et j'en ai marre aussi.
Minuit 33
journée plutôt ok aujourd'hui, même si je me suis, semble-t-il, définitivement brouillée avec un pote. ça fait mal au coeur, parce qu'il a beaucoup assuré pendant mes périodes suicidaires et hospitalières, et que là, franchement, j'arrive plus à le comprendre. tant pis... on fera sans. ce sera pas le début, étant donné que la dernière fois que je l'ai vu ça remonte à plus de six mois. 2 personnes qui ne font rien pour rester en contact quand ça bade, et puis qui se balancent des vérités complètement contradictoires dans la gueule pour finir, évidemment ça colle pas. plus. pour décompresser un peu j'ai passé le temps de la discussion (sur msn...) à danser. ah, que d'extase! j'ai regardé Dirty dancing pour la première fois de ma vie et c'est beau! tellement beau! je devrais peut-être faire du tango l'an prochain? ou du flamenco, ça m'a toujours tentée. et puis c'est encore mieux parce que ça m'a redonnée une claque d'inspiration, après les cours de danse il y a 3 ans, les clips des pussycat dolls (et oui!), les divers spectacles auxquels j'ai pu assister, les vieux concerts de manson etc. yahoo!! ou comme on dirait avec chris, numéricaaaable!!! heu, non, laissez tomber. peu importe.
c'est bizarre hein? je regardais tout à l'heure ce corps étrange qui est le mien, et je constatais sa disproportion. il y a ce mélange d'os et de graisse qui rend tout ça vraiment... vraiment je sais pas quoi. seigneur dieu du ciel! sous la lampe de mon studio, on voit mes os entre les clavicules! mais d'où ils sortent ceux là? et dans la salle de bain, hop, magique, la lumière change et on ne voit plus rien. qui voit ses propres os parmi mes lecteurs??? je suis tellement déboussolée que je sais plus depuis longtemps ce qu'est un corps "dans la norme", "gros", ou "maigre". et puis c'est marrant, l'autre jour je me suis rappelée que chez ma mère il y avait des fois où je crevais la dalle. chez elle, la nourriture servait seulement à se donner une certaine quantité d'énergie pour un temps donné (si je mange 2 assiettes de pâtes, je peux faire une après-midi de roller sans tourner de l'oeil, c'était un peu sa façon de voir les choses). il fallait surtout éviter tout ce qui était gras, sinon c'était du cholestérol en plus, éviter les conserves, c'est cancérigène, et quand a tout ce qui est bonbons, sodas, plats un peu préparés, c'était pour les fêtes, ou pour les autres. quand j'étais encore trop petite pour me servir de la gazinière, c'était bien sûr elle qui cuisinait. disons le simplement : c'était immonde. comme elle faisait toujours 40 000 choses à la fois, elle se mettait parfois à préparer quelque chose à 11h du soir, et pendant ce temps là, je sentais mon ventre gargouiller comme un dingue dans mon pieu. au début ça me gênait, après non. j'avais l'impression que si j'attendais bien patiemment et que je contrôlais tout ça, tout irait mieux. et surtout, j'aurai l'estime de ma mère, pour ne pas l'avoir fait chier avec mes conneries tandis qu'elle brassait. il fallait donc attendre et se taire. c'est peut-être à partir de là que ça a commencé, les problèmes avec la bouffe. le pire, ça a été quand elle est partie en guerre contre le cholestérol, vraiment. là, elle a supprimé le beurre, les fromages, les... je ne sais même pas ce qu'elle a supprimé d'autre parce qu'il restait pas grand chose à la base. j'étais au collège, et puis un jour en rentrant à la maison, je lui ai dit que j'avais envie de manger un gros sandwiche avec du saucisson et du beurre bien gras. et elle a culpabilisé, la pauvre, et a réalisé que c'était peut-être un peu moyen, son régime pour une gamine de 12 ans. j'ai eu droit à tout ce que je voulais, tant que c'était pas trop cher. des gâteaux surtout.
et plus le temps a passé, et plus la nourriture est devenue une source d'embrouilles, en plus du ménage. le ménage, ça c'était la prise de tête principale. qd elle rentrait le soir et qu'elle me parlait de tous ses problèmes, je restais là, à table puisque c'était de toute façon le seul endroit où on pouvait s'asseoir à 2 dans la maison, et je regardais par la fenêtre, et je m'empiffrais. j'avais rien d'autre à faire de toute façon. elle était là, et elle me débalait sa vie, attendant que je la réconforte, que je la conseille, que je la fasse rire ou que je lui remonte les bretelles. j'aurais pu être sa psy. je me rappelle que quelques temps avant que je fugue pour de bon, ma façon de manger était complètement partie en live. elle avait fini par faire des efforts, consternée par mon manque de goût pour les légumes à l'eau, et me hurlait dessus quand je ne touchais pas à ses plats. c'est con, mais elle ne touchait pas aux miens non plus. alors comme je "ne mangeais rien", selon ses dires, elle m'achetait des paquets de gâteaux, toujours plus. et je lui en voulais de les acheter parce que j'étais horriifiée par mon corps et mon gras.
le jour où je suis partie, c'est ça qu'elle m'a repproché, une dernière fois, de pas manger ce qu'elle préparait. elle m'a aussi reproché de déprimer comme une dingue, de me couper, d'avoir arrêté les cours, les psys, de pas l'écouter, de pas faire comme elle, du yoga, de la respiration calme, elle m'a reproché de ne pas dormir, de ne pas faire du ménage. si seulement elle avait su se taire, elle aurait pu m'écouter. mais c'était trop pour elle, et pour moi aussi. alors pendant qu'elle cognait dans les murs en hurlant, je me suis défoncé un bras à coup de rasoir, j'ai attrapé mon sac (bizarrement, il était prêt depuis longtemps) et je me suis cassée. j'ai même descendu les poubelles en sortant.
et [...] a assuré après, si si, c'est vrai. mais l'embrouille est partie de ma façon de manger, là aussi. pour lui le pb est simple: il faut manger. point barre. sur le principe je suis bien d'accord. sur la pratique, j'en suis parfaitement incapable. pas comme ça en tout cas. ça dépend des jours, de mon humeur, de ma nervosité, de si je suis seule ou pas, de si je me vois grosse ou maigre, de si mon ventre est plat ou pas. ou de si on m'a dit que j'étais grosse ou maigre. si seulement les gens ouvraient un peu plus leurs oreilles! pourquoi est-ce que tt le monde semble avoir besoin de parler et de penser à la place de l'autre, plutôt que de le laisser s'exprimer, et surtout, d'entendre ce qu'il a à dire? pourquoi ils ne veulent pas s'adapter un peu? moi en tout cas j'en ai ma claque qu'on me dise quoi penser. des conseils, des avis, ça je veux bien, mais des ordres, des sous entendus, non. bordel de merde! rhaaa!! et sur ce, je m'en vais faire la larve devant un autre film. demain, j'ai les résultats de mes partiels. horreur et damnation! quelques fois ma mère me manque. ça fait un an et demi qu'on s'est pas vues.
Violence
Contre son propre corps
Impuissance
Pardon, pénitence
À quatre pattes devant un sac
Humiliation, soupir, résignation
La nourriture devient phobique
Je ne veux plus qu’on me nourrisse
Silence, panique
Les haut-le-cœur se font réguliers
Mon estomac adopte un mouvement de balancier
Tout, il faut tout recracher
Après, faiblesse, tristesse
Chewing gum et cigarette
Les mains qui tremblent,
La gorge gonflée
Piercing infecté
Je suis mieux assise que debout
J’ai honte, mais ça ne résout pas tout.